Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Sakifo Musik Festival à Saint-Leu
7 août 2004

Première édition. Première note d’ambiance. Dans la rue, dans le village placé plein parc du 20 décembre, les Réunionnais arrivent. D’abord au K, où nous avons rencontré des grands de la scène internationale, venus graver dans notre mémoire des notes de blues, de reggae... : Stanley Beckford, Keziah Jones. Deux musiciens ont donné leurs impressions sur une scène nouvelle pour eux, en plein océan Indien.
Le guitariste anglo-nigérian Keziah Jones a reçu le premier la presse dans le salon du K. Lui, qui a connu les métros parisiens, parcourt aujourd’hui le monde avec ses multiples influences musicales, sonnant comme afrobeat, funk, rock parfois. On dit que son inspirateur se nomme Fela Anikulapo Kuti alias "celui qui porte la mort dans son carquois", le célèbre musicien et agitateur politique nigérian, fondateur des Blacks Panthers.
Keziah Jones a assuré que "le public est prêt à entendre l’originalité de la musique africaine". Il a déclaré par ailleurs que le public africain reste conservateur. Et de poursuivre : "Les voyages contribuent à l’ouverture de l’esprit et apportent grandement à la musique".
"Les gens sont curieux" et sont prêts à découvrir le typhon musical d’un artiste de talent. Quand on lui demande s’il veut transmettre son style de guitariste, il réplique que son style mérite d’abord d’être posé sur papier. Sur scène, il va nous livrer son dernier album “Black Orpheus”. On le retrouvera en avant première de Stanley Beckford, ce soir à 21 heures à La Ravine Saint-Leu.
Stanley Beckford, quant à lui, nous a fait découvrir la musique populaire de Jamaïque de 1900 à 1940. Il a même chanté quelques morceaux pour mieux comprendre que "les Africains contribuent à ramener les traditions musicales dans les genres". Il donne rendez-vous aux Réunionnais pour venir découvrir une musique originale, originelle.
Sur la scène Massalé, Maloya ansanm Salem Tradition et Nathalie Natiembé. La rue est investie depuis hier midi, avec le Gangbé Brass Band. La fanfare a emmené les festivaliers dans le parc du 20 décembre, face à la mairie.
Le festival commence sur les chapeaux de roue. Baûls du Bengale embraye ensuite sur une musique empreinte de spiritualité de l’Inde. L’air du Bengale flotte. Puis viennent les morceaux de Salem Tradition qui séduit toujours autant avec sa fibre maloya. Le groupe cédera la place à Lélou Menwar, un groupe mauricien, qui a interpellé d’ailleurs les spectateurs sur la mort d’un grand, Kaya. Ravane et guitare électrique, le choc est réel.
Au fur et à mesure que les groupes investissent la scène Massalé, le public arrive. Tous s’accordent à dire que le festival sera magique, notamment en termes de découverte. Même si on la connaît, Nathalie Natiembé revient cette fois avec deux musiciens et offre un maloya-fonnkèr énergique.
Le groupe Electric Gypsyland ferme le bal, les tsiganes, accompagnés par Shantèl (faiseur de musique numérique), balançant un son de folie.
Les spectateurs ont certes compris que le festival a commencé mais ne sont pas au bout de leur surprise.
Bbj
Nos peines
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