Hommage

« À nous, politiciens, de nous entourer de personnes compétentes (...) pour soulager la misère des gens »...

8 mars 2007

...Voilà ce que déclarait Oomar Uteem qui vient de disparaître à l’âge de 38 ans. Cet homme, d’abord éminent cardiologue, Président du Heart Network (un réseau regroupant médecins et responsables de laboratoires médicaux afin de mieux sensibiliser l’opinion publique sur les risques de maladies cardio-vasculaires), fut également un homme politique mauricien remarquable. Nous avons choisi pour lui rendre hommage, de publier un extrait du journal mauricien “Week-end” qui, en mai 2005, traçait en quelques lignes son portrait.

Fils, lui aussi, d’un ancien Président de la République, Oomar Uteem a toujours été bercé par la politique. « Comme Obélix, je suis tombé dans la marmite politique bien malgré moi quand j’étais petit », dit-il. À la maison, lorsque la famille recevait de la visite, la conversation tournait toujours autour de la politique. C’était les années 70 et 80 qui ont été marquées par l’émergence d’une nouvelle classe de politiciens, se rappelle le cardiologue aujourd’hui âgé de 36 ans. « Il y a un moment dans sa vie, lorsqu’on voit les souffrances des gens et les progrès techniques qui peuvent les soulager, on décide de s’engager », dit Oomar Uteem, expliquant sa décision de devenir médecin. Ce sont les mêmes raisons qui l’ont amené cette fois à « passer de l’autre côté de la barrière ». Un engagement politique était pour lui le seul moyen d’arriver à « soulager la misère des gens ». Le cardiologue a toutefois pris soin d’attendre la fin de la présidence de Cassam Uteem pour faire de la politique active en adhérant « au parti de mon choix qui a toujours été le même ».
Aujourd’hui, comme hier, il se dit « fier de porter le nom Uteem ». Fier aussi d’appartenir « à une famille d’immigrés » et d’avoir su trouver son chemin « entre un grand-père marchand de lait et un père président ». Oomar Uteem sait qu’il fait partie de ce « Mauritian Dream ». Si son patronyme lui facilite quelque part les choses sur le plan politique - dans la mesure où les gens tiennent compte des réalisations de son père -, « je n’ai obtenu aucune faveur », dit-il fièrement. Ce qu’il est devenu aujourd’hui, il le doit uniquement « à la force de mon travail » et à son honnêteté, dit-il. Admirateur de Gandhi et de Mandela, le candidat MMM de Port-Louis Sud/Port-Louis Centre - se dit « extrêmement content et rassuré » de constater un renouvellement de la classe politique. « C’est sain pour la démocratie et c’est le peuple qui en ressortira gagnant », affirme-t-il. Ce qu’il veut mettre en place ? « Consolider l’unité nationale et poursuivre le progrès économico-technique entrepris ces dernières années tout en se souciant toujours des défavorisés ». Oomar Uteem se dit ravi d’être candidat au no. 2 qui est, dit-il, « un concentré de Maurice où se côtoient les différentes composantes de la population et différentes couches sociales ». Il se dit particulièrement interpellé par les « fléaux modernes » - comme le SIDA, l’hépatite, les drogues dures - qui touchent particulièrement les poches de pauvreté. « C’est à nous, politiciens, de nous entourer de personnes compétentes - travailleurs sociaux, éducateurs, parents - et d’essayer d’être les catalyseurs d’un mouvement qui soulagera la misère des pauvres gens ».

(Sources Week-end)


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