À trop souffler sur les braises... !

10 décembre 2005

Chaque fois qu’on bouge un pion sur l’échiquier, il faut s’attendre à la riposte.
Pour avoir ignoré cette règle, pour s’être bien peu souciés des blessures ravivées par leur loi du 23 février 2005 exaltant le côté positif de la colonisation française outre-mer, des députés, niant l’Histoire de la France et du colonialisme, ont soufflé sur des braises encore incandescentes.
Inconscience et/ou mépris négationniste ? Toujours est-il qu’après avoir imposé - contre la réalité historique - la loi du plus fort, et cru faire ainsi définitivement triompher leur point de vue, ils ont vu le boomerang de l’Histoire leur revenir dessus.
Bilan de la loi du 23 février 2005 : un traité d’amitié franco-algérien en rade, un Sommet africain de Bamako qui a vu le chef de l’État mis en difficulté, un ministre de l’Intérieur candidat à la présidentielle interdit de Caraïbes par Aimé Césaire et les Antillais, un Premier ministre contraint de déjuger sa majorité et enfin le président de la République venir lui-même affirmer solennellement qu’il n’appartient pas aux députés d’écrire (ou de réécrire) l’Histoire.
Beau résultat Mesdames et Messieurs les députés concernés !
Mais, pour eux, le pire reste à venir. En effet, une mission pluraliste ouverte à toutes les sensibilités politiques et aux historiens va se réunir. Et c’est avec beaucoup d’intérêt que tous les ex-colonisés, tous les descendants d’esclaves vont suivre ces débats car la question cardinale qui est posée est celle-ci : peut-on trouver des aspects positifs à un crime contre l’Humanité ?

Jean Saint-Marc


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Témoignages - 82e année


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