Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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6 février 2008

“Bonz’Entendeurs”, la fête se déroule au Kabardock ce samedi. La Clameur des Bambous est devenue un événement incontournable pour les artistes en devenir. “Plateau relevé”, vous dis-je. A ne louper sous aucun prétexte.
Qui ne connaît pas la Clameur des Bambous ? Depuis le temps qu’on en parle ! Voilà 12 ans que cette opération existe. Les jeunes artistes apprécient de trouver enfin le professionnalisme sur une scène, et de faire la rencontre avec le public. Sans public, pas d’artistes.
A la Clameur, c’est le public qui “encourage” les artistes. Et il en a repéré des grands. « La Clameur n’est ni un concours, encore moins une compétition, mais une scène ouverte où les talents peuvent être encouragés par le public et autres “Bonz’Entendeurs » qui auront à cœur de décerner leurs saluts aux artistes les plus en forme du moment », informent les organisateurs. Alors, qui sortira de cette manifestation avec les saluts et les encouragements ? Le plateau est relevé, avec des formations d’exception. Les groupes sont jeunes, montrant tout le travail créatif de la jeunesse réunionnaise. Au programme : « Lao pour un maloya bucolique, le nucléaire Warfield enrichi au Métal lourd, Yaelle et sa soul aux essences vétyver, Gautier & Mornas pour un tour des Mascareignes en fête, la tradition Mangalor, et la transe de Lo Griyo ». A consommer sans modération.
Trois groupes à ne surtout pas manquer
C’est un phénomène, un cyclone qui s’annonce sur la partition réunionnaise. Lo Griyo est là avec un son akoustikomik. Après avoir reçu le rix Alain Péters, Lo Griyo continue “tilanp tilanp” son grand bonhomme de chemin. Aux percussions, Samy Pageaux-Waro, fils d’un certain roi Maloya, se montre d’une rare finesse de style, de jeu et d’écoute. Sur scène, ça détonne. Figures “kayambesques” devant mille petites bizzareries musicales, passage en boucle, Samy est l’homme-orchestre.
Accompagnée par Luc Joly, cette formation risque fort de surprendre avec sa musique qui nous fait atteindre la transe. Peut-être préférerez-vous l’humour de Gautier, et son nouvel acolyte Vincent Mornas. Gautier, c’est un guitariste d’exception, qui inspire aux voyages à travers les cultures, les langues, les rythmes. C’est un maloya salegy, festif, teinté d’humour, sensible aussi. On retrouvera Gautier à la guitare pour un autre groupe, celui de Yaelle Trulès. C’est la preuve que la Clameur est pourvue d’un esprit ouvert, sans place aucune pour la compétition. Accompagnée d’une fine équipe de spécialistes, Yaelle nous fait découvrir plusieurs horizons musicaux, du slam au new-soul en passant par notre maloya, ou encore le reggae. Attention ! sa voix risque bien de nous “trapé”...
Lao, Warfield et Mangalor
Maloya la kour, Maloya léo, Maloya fonnkèr, c’est le défi que s’est lancée le groupe Lao, avec un maloya bucolique. Depuis 2000, date de la création de cette formation, va de petits concerts en grand kabar. Rappelez-vous un certain hommage à Kaya, où ce groupe faisait le coup de force de faire une première partie remarquée. Et pour cause ? Un des membres de Lao est un poète, une jeune figure de l’écriture réunionnaise, certes sentimentaliste, bercée par le charme et la douceur de la vie dans les Hauts, mais qui dit “une” parole vraie. Mikaèl Kourto signe les chansons en même temps que Sébastien Técher. Ce sont les deux plumes du groupe. Vous aurez l’occasion d’apprécier. C’est peut-être l’originalité de cette Clameur, avec la participation de Warfield. Quatre musiciens qui font la guerre à la guerre. Warfield veut dire champ de guerre, et Alex, Thomas, Guillaume et Olivier entendent dénoncer cette aberration sanguinaire. Il y a 5 ans, ils étaient encore au sein de Valenn Time, un groupe investi dans les reprises de la scène Punk Rock. Maintenant, c’est une musique plus trash, plus lourde, un vrai métal. Déchirant ! c’est le seul groupe “non traditionnel”. Mais l’on sait bien que cette scène est ouverte à tous les styles.
Allez ! pour finir. Vous connaissez le mot “mangalor”. Le riz des pauvres ne rie pas de la misère. « I danss maloya, i danss séga ». Mangalor, c’est aussi un groupe de maloya, mené par pascal bret. Cette année, les musiciens de Mangalor veulent voir naître leur premier CD. Allez les écouter en avant-première ! Profitez, c’est gratuit.
Bbj
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