Géostratégie et choix économiques

Acte 2 de la décentralisation et construction régionale

26 octobre 2006

Parmi les interventions qui ont situé La Réunion dans son environnement géostratégique et politique, celui d’un étudiant en Master d’histoire contemporaine a retracé l’histoire d’une « complémentarité dans l’outre-mer entre La Réunion et les TAAF » ; le commandant supérieur des FAZSOI, Bruno Clément-Bollée, a exposé les orientations sur lesquelles travaille l’armée pour mieux œuvrer au développement d’actions de coopération régionale. L’économiste et universitaire Philippe Jean-Pierre a posé la question des « moteurs » de l’économie réunionnaise (et surtout de ses carburants), pour finir par se demander s’il ne faut pas « concevoir un nouveau modèle économique ».

Bien que perçue comme un enjeu depuis les années 1920, d’après Tony Bonnaud, l’administration des TAAF par La Réunion n’est toujours pas réalisée et les éléments apportés par cet étudiant en Master montre que la voie suivie est autre. Pour quel avenir ? Dans un premier temps, sur plusieurs décennies, le pouvoir central français s’est opposé, dans le cadre d’un conflit entre Madagascar et La réunion sur ce sujet, à une administration des TAAF par notre île. Dans les années 1954-55, un projet d’émigration de familles réunionnaises de pêcheurs vers l’île d’Amsterdam, proposé par Rafaël Babet, n’a jamais vu le jour. Et il a fallu attendre 1994 pour voir le siège des TAAF quitter le 17e arrondissement de Paris et s’installer à Saint-Pierre. Mais la loi qui a organisé ce transfert ne répond pas aux attentes formulées par La Réunion depuis plusieurs décennies : elle a fait de La Réunion une base arrière des TAAF, jusqu’à ce qu’en 2003, les compétences des TAAF soient renforcées « au détriment de La Réunion », l’administrateur des TAAF ayant rang de Préfet. Ainsi se profile une « concurrence politique » à la place de l’ancienne complémentarité.
Du point de vue des FAZSOI, « la France organise avec ses voisins un processus de coopération sécuritaire », répondant à plusieurs impératifs définis d’après les « facteurs de tension » sensibles dans la zone. Et bien que « calme », cette zone sud-ouest est réputée « sensible » par l’armée, en raison des facteurs de dégradation écologique ou sanitaire qui appellent des réponses concertées. Dans le cadre des missions sécuritaires assignées aux FAZSOI dans notre région, des outils diplomatiques et militaires sont unis « pour la protection des territoires, la prévention, la stabilité internationale dans la zone ». L’évolution positive des engagements de la COI dans la région a conduit à la tenue d’un premier sommet où ont été abordées les questions sécuritaires avec les pays membres de la COI.
Les FAZSOI travaillent à proposer « des projets innovants pour la coopération militaire » a dit le commandant Bruno Clément-Bollée, en indiquant que dans le processus de construction régionale, La Réunion « a un rôle à jouer, dans le registre d’une solidarité bien comprise avec les pays de la SADC ».

Sur le volet économique, le professeur Philippe Jean-Pierre s’est demandé si la départementalisation pouvait être « un outil renouvelé de développement économique ». Et selon les critères qu’il a avancés et l’objectif poursuivi, il suggère de « rompre le scénario du fil de l’eau » pour « se lancer de nouveaux défis » et peut-être « concevoir un nouveau modèle économique », laissé toutefois en suspens.


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Témoignages - 82e année


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