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Nouvel An tamoul 5107 : Première résidence d’artistes indiens à La Réunion
10 avril 2006

Dans le Sud, les festivités du Nouvel An tamoul commencent ce matin au Foyer Albert-Barbot et se poursuivent ce soir au lycée Ambroise-Vollard de Terre-Sainte. La fédération de plusieurs associations culturelles et le partenariat avec les collectivités locales ont permis la venue dans notre île d’artistes indiens. En résidence à l’association Maha Badra Karly, ils se produisent à partir d’aujourd’hui, à la rencontre des Réunionnais.
Samedi, plusieurs associations culturelles du Sud ont présenté à la presse les différentes actions qui seront menées à partir d’aujourd’hui dans le cadre de la célébration du Nouvel An tamoul 5107. L’année Viya commence vendredi. Placée sous le signe du changement, Viya sera marquée dès le début par une grande première à La Réunion : des artistes indiens seront en résidence. Jusqu’au 18 avril, ils vont pouvoir nous faire partager leurs connaissances, mais ils pourront aussi bénéficier des apports des artistes réunionnais, car cet échange a d’abord comme objectif "un enrichissement mutuel".
Cette résidence est le résultat du rassemblement des énergies. Cette année, les associations Maha Badra Karly de Saint-Pierre, Devadasis de Terre-Sainte, India Valini et Natya Penguël de Saint-Louis, la Compagnie Karuna de Saint-Joseph et l’école de danse Pajaniappen de Saint-Pierre ont regroupé leur force, "toutes animées par un formidable désir d’échange, de partage et de promouvoir la culture indienne", précise Christian Amourgom de l’association Maha Badra Karly. Elles sont soutenues dans ce projet par la Région, le Conseil général et la Mairie de Saint-Pierre.
Un besoin d’échanges
Car au-delà de cette période festive, toutes ces associations comptent bien pérenniser ces relations entre artistes indiens et réunionnais. Depuis plusieurs années, l’association Maha Badra Karly fait venir des artistes de l’Inde pour le Nouvel An tamoul. Cette date est l’occasion de rapprocher les peuples et les cultures de l’Inde et de La Réunion, elle permet de donner un coup de projecteur sur une civilisation plusieurs fois millénaire qui a contribué à la richesse du peuplement de notre île. Au fil des interventions des représentants des associations, il ressort un fort besoin d’échanger avec l’Inde, où se situe une partie de nos racines.
D’où un appel à un partenariat durable entre les associations et les collectivités locales, pour aller vers davantage d’échange et de partage entre notre île et un pays de plus d’un milliard d’habitants. De l’Inde sont venus une partie de nos ancêtres, et avec l’Inde, les relations se développent après une longue période d’isolement pour La Réunion.
Tradition et modernité
Au programme des festivités de cette année, la venue d’artistes indiens de Mumbaï (Bombay). Il s’agit du groupe Shri Ganesh Nritya Kala Mandir. Sept danseuses feront partager aux Réunionnais leurs connaissances de la danse Kathak, originaire de l’Inde du Nord, sous la Direction de Manjari Deo.
En plus des différents spectacles, elles seront en résidence à l’association Maha Badra Karly, rue Mahatma Gandhi à Saint-Pierre, afin de participer à des échanges et des formations avec les associations partenaires de l’opération.
Avec le groupe Shri Ganesh Nritya Kala Mandir, les organisateurs ont également invité le chanteur Umamahesh Vinayakram de Chennaï dans le Tamil Nadu. Également en résidence à l’association Maha Badra Karly, il participera aux spectacles dans le cadre du nouveau projet musical “Tablatronic” d’un musicien bien connu des Réunionnais : Subhash Dhunoohchand. Avec eux, la chanteuse saint-pierroise Bharati Alamelou, le guitariste parisien Bruno Channe Kane, et la percussionniste britannique Nandkumar feront découvrir aux Réunionnais une création entre tradition et modernité.
Ces festivités se concluront le 22 avril prochain par une conférence animée par Jean-Régis Ramsamy, journaliste à RFO, sur "la galaxie des noms malbars". Cette conférence se tiendra à la Mairie de Saint-Pierre.
Les associations fédérées comptent "sur la participation massive des Réunionnais à ces différents spectacles, sachant leur attachement à la tradition culturelle et artistique indienne et dans laquelle beaucoup de Réunionnais se reconnaissent, valorisant et affirmant ainsi le principe de la diversité culturelle dans l’unité réunionnaise auquel nous sommes très attachés".
Manuel Marchal
Spectacles à Saint-Pierre et Saint-Denis
Le point d’orgue de cette semaine de festivités sera la Nuit de l’Inde, samedi prochain au Conservatoire national de Région, avec la participation de Raju et ses élèves, Subhash Dhunoohchand et son nouveau projet “Tablatronic”, les danseurs des associations partenaires et la troupe Shri Ganesh Nritya Kala Mandir.
Par ailleurs, d’autres spectacles ont lieu dès aujourd’hui, au Foyer Albert-Barbot et ce soir au lycée Ambroise-Vollard de Terre-Sainte.
Demain, rendez-vous au Palaxa à Saint-Denis.
Jeudi, les artistes seront dans les écoles de Saint-Pierre.
Vendredi, jour de l’An tamoul, prestation à la Région.
Le dernier spectacle aura lieu le lundi 17, au Conseil général.
Les associations partenaires
Maha Badra Karly de Saint-Pierre, Devadasis de Terre-Sainte, India Valini et Natya Penguël de Saint-Louis, la Compagnie Karuna de Saint-Joseph et l’école de danse Pajaniappen de Saint-Pierre.
Le kathak
La danse classique indienne est indissociable de la culture du pays. Il existe 6 formes de danses : le bharata natyam, le kathak, le kathakali, le manipuri, le kuchipudi et l’odissi.
En sanskrit, kathak signifie "histoire". Originaire de l’Inde du Nord, le kathak a subi l’influence de l’art musulman apporté par les Moghols. C’est une danse très rythmée dont l’accompagnement musical est très important puisqu’il imprime la cadence aux danseurs.
Il existe 3 styles de de kathak : le jaipur ghanara, le lucknow ghanara et le banaras ghanara. La danse commence lentement puis, au fur et à mesure de la représentation, accélère de rythme. La chorégraphie du kathak est moins rigide que celle du bharata natyam et laisse de la place à un peu d’improvisation. Le danseur doit avoir une très grande maîtrise de son corps dans l’espace, être très rapide et garder assez de grâce pour retranscrire les émotions. La chorégraphie alterne avec des mouvements de pirouettes et des poses statuesques. Le kathak, contrairement au bharata natyam, met plus l’accent sur les mouvements de pieds du danseur que sur la gestuelle des mains. Les plus célèbres interprètes de kathak sont : Shambhu Maharaj, Sunder Prasad, Birju Maharaj, Damayanti Joshi, Gopi Krishan.
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