Louis Pavageau, ’Saint-Denis 2008’

Ambivalence du rouge et du blanc

15 septembre 2008

Les œuvres de Louis Pavageau sont exposées, en les murs, à la maison de la communication François Mitterand, et hors les murs, dans d’espace public réunionnais, particulièrement à Saint-Denis cette année.

Prenant la rue comme atelier et comme espace d’exposition, c’est avec du ruban pour balisage de chantier de signalisation que l’artiste réalise ses tableaux
(Photo Lerka)

Louis Pavageau est un peintre du rouge et un peintre du blanc. Deux couleurs aux puissances symboliques fortes. Le rouge de l’interdiction, de la prévention, mais aussi de la passion et de la révolution. Le blanc de la pureté, de l’innocence et de la paix.
Louis Pavageau confie : « Cette bande signal blanche et rouge me convient parfaitement car elle porte en elle ces couleurs signes sur lesquelles je travaille depuis plusieurs années. Je me suis d’ailleurs approprié ces couleurs jusqu’à en faire ma signature. De plus, ce matériau est utilisé dans l’espace public dans un but pratique et préventif, je m’en sers, moi, comme de la peinture ». On peut retracer son parcours en ligne sur www.lignesrouges.com. L’artiste joue des bandes signalétiques : « Le tressage, ainsi crée, forme une composition abstraite que je maîtrise. Cette composition constitue à la fois le support (toile), une matière et un motif ».

Fractures et frottement

Prenant la rue comme atelier et comme espace d’exposition, c’est souvent avec du ruban pour balisage de chantier de signalisation qu’il réalise ses tableaux. La maison de la communication François Mitterand présente ses oeuvres ainsi qu’une installation où les rubans pendus au plafond configurent une pièce dans la pièce, des murs en bandelettes au milieu de l’enceinte.
Mais sinon, l’essentiel de "Ligne Rouge" a lieu dans l’espace public. Et c’est pourquoi Lerka a accueilli le créateur en résidence de janvier à juillet 2008. Louis Pavageau observe les encombrants, friches, habitations en ruine, panneaux d’affichages délaissés, mobiliers urbains abandonnés... Autant de signes porteurs de petites histoires intimes, de bruyants messages et de dérives prévisibles. L’artiste est attentif à ces convulsions et mouvements qui traversent le territoire dionysien, ce sont à ses yeux des points de fractures et des lieux de frottement qui travaillent la cité.

Francky Lauret


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