Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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13 avril 2007

A l’approche du Nouvel An tamoul, Daniel Singainy, prêtre tamoul et Président de la Chapelle la Misère, a tenu une conférence hier à l’Université du Tampon.
Pratiques religieuses, culture réunionnaise ainsi que le symbolisme de la marche sur le feu, de la transe et des sacrifices d’animaux étaient au programme. Autant dire une conférence très intéressante et riche en couleurs.
La marche sur le feu a toujours attiré des foules, notamment des touristes, surtout ici à La Réunion. Mais quelle est sa signification ? D’où vient ce rituel ?
Voici donc quelques éléments de réponse afin de mieux connaître son origine.
Ses origines se trouvent dans la version tamoule du Mahâbhârat : Draupadî (Dolvédé à La Réunion), aussi appelée Pandjalî (Pandialé), née d’un feu sacrificiel, devint la femme du héros Arjuna. Un concours de circonstances contraignit celui-ci à partager son épouse qui avait l’obligation de rester pure. Pour prouver sa chasteté, Draupadî devait marcher sur le feu à chaque fois qu’elle changeait de mari. Comme derrière tous les épisodes mythologiques, se cache et se révèle ici un enseignement profond, sinon plusieurs. C’est ainsi, par exemple, que l’on considère Draupadî comme une représentation de la force cohésive donnant vie aux 5 éléments composant le corps physique.
La marche sur le feu elle-même se situe à la fin d’une période rituelle de 18 jours, en principe. Les marcheurs, sous la houlette du prêtre, vont, pendant ce laps de temps, se purifier par le carême et l’abstinence. Arrivé le jour J, les pénitents vont se succéder dans un brasier de 18 pieds (unité de mesure anglaise).
Cette conférence avait aussi pour objet de faire connaître à la population les symboles et les significations de la religion tamoule. En effet, il est important, aujourd’hui, d’apprendre à se connaître pour mieux se comprendre. D’ailleurs, selon Daniel Singainy, « ce Nouvel An tamoul est aussi la fête de tous les Réunionnais. Comme nous, nous fêtons aussi le 1er janvier, le 14 avril est la fête de tous ». La religion tamoule se dit être une religion tolérante, et c’est dans ce sens qu’« à l’époque, mon père avait demandé que le Nouvel An tamoul soit aussi un journal férié, souligne le prêtre tamoul, mais jusqu’à présent, rien n’a été fait ».
Malgré cela, les festivités vont s’enchaîner durant tout ce week-end dans les quatre coins de l’île. A commencer par une cérémonie ce soir à la Chapelle la Misère, à Villèle, rue Mahatma Gandhi.
Samedi soir, à la Ravine des Cafres, à Saint-Pierre, un plateau musical regroupant diverses tendances animera le quartier. Il n’y aura pas que de la musique indienne, « je rappelle que nous sommes très tolérants, et il est normal qu’il y ait aussi du maloya, etc... ».
Même si l’influence européenne a fait qu’aujourd’hui, le Nouvel An tamoul n’est pas fêté ici de la même manière qu’en Inde, cette fête reste avant tout une fête religieuse, une fête familiale.
Sophie Périabe
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