Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
10 décembre 2007

C’est une contribution inédite en la matière. Une exposition à ciel ouvert, dans un quartier rural, le plus à l’Est de l’île, contribuant à l’émancipation de l’art contemporain, avec des artistes en devenir, d’autres plus affirmés. Ce projet est une réussite, même s’il aurait pu être davantage soutenu par les Sainte-Rosiens.
L’association organisatrice est Artère qui peut se décliner ainsi : Art’R, comme Réunion, notre île et la réunion des genres artistiques. Ou art’Terre, comme l’art terrien, l’art d’aujourd’hui de notre planète au devenir incertain. C’est aussi une artère, comme avenue des genres, des identités, des cultures, où l’on se rencontre, se découvre, se cherche. A la Ravine Glissante, à Sainte-Rose, sur un lieu historique, marquant le passé sucrier au goût amer, des artistes redonnent vie à une bâtisse en ruine. L’histoire est revue, rénovée, réappropriée, avec de la peinture, des mots, des installations, des affinités, des sensibilités, des causeries. Les habitants de la localité s’interrogent, mais ne s’inquiètent pas. La fête aux arts se déroule en leur compagnie, avec leur contribution. Il y a des artistes partout à La Réunion. Sainte-Rose encourage les siens, ceux que l’on ne voit pas, que l’on ne connaît pas, des artistes pourtant à l’esprit aiguisé. La communauté rasta nous surprend avec des œuvres contemporaines, installées avec goût. Leur culture, sûrement leur culte, défend l’amour avec un grand A. Elle sculpte, chante, communique, prêche quasiment cet art en crise. L’amour est un thème que l’on croit désuet, alors qu’il simplifierait le rapport entre humain, sans guerre. Plus loin, nous croisons le collectif Aléaa. Cristof Dènmont et Stéphane Kenklé s’en donnent à cœur joie avec une installation moderne, actuelle, plastique. Le plastique est suspendu à son piédestal, donnant un visuel d’actualité, interrogeant même notre tri du déchet. Christian Floy Jalma aurait sûrement attribué à cette œuvre les mérites d’une recherche archéologique du quotidien. Le collectif Aléaa n’aura de cesse de réinventer l’art contemporain réunionnais.
Un carrefour des arts
On ne parle pas assez d’elle, mais c’est une cheville ouvrière de la démocratisation de l’art contemporain à La Réunion. Même avec de petit moyen, Huguette Ah-Nième a été capable de programmer cet événement qui n’est pas rien. On n’imagine pas ce qu’elle pourrait faire avec des financements plus conséquents, elle qui travaille avec acharnement pour donner à l’Est son pôle d’art contemporain. Art’R, c’est son bébé. Et l’on sent chez elle une âme fédératrice, au service de l’art. Les enfants d’ailleurs l’auront apprécié. Peut-être pour déceler des artistes en herbe, un atelier de confection de papier mâché, tenu par Zab et Odette, leur était proposé. Plus loin, leur regard devait se poser sur une œuvre proposant des unions de matières trouvées. Fer, ficelle, peinture, s’harmonisent sur une toile, signée Aurelll. Cette artiste peint, fait de la poterie, de la céramique plutôt, des installations. Les enfants, mais surtout les grands, sont impliqués dans ce voyage atypique, surtout à Sainte-Rose, où l’on découvre des peintures de Zab, d’Hélène Cazares, d’Aurelll, de Julie, de Charlotte Macé. Une partie de l’ancienne usine de la Ravine Glissante accueille l’installation d’Anna F., qui tisse sa toile web sur les vestiges d’une histoire récente, quoique les pierres de l’édifice nous rappellent le bâti du 19ème siècle. Guillaume Lebourg impose des projections de bois jaillissant des vieilles pierres. Les totems de bambous sortis de l’imagination de Xavier Daniel en jettent tout autant. On se croirait en terre ancestrale, ce qui n’est pas faux en même temps. Cette rencontre, appelée « In tan po kol ansanm », ne pouvait s’épargner de la musique, aussi un pan de l’art contemporain. Les groupes Jala et Kultur Lamour ont assuré cette partie, qui s’est jouée avec le temps capricieux. Mais la pluie n’a pas gâché la fête. Espérons que l’année prochaine, cette aventure - et c’en fut une - sera réitérée. Les artistes et Sainte-Rose n’attendent que cela.
A propos du pôle d’art contemporain
Nous parlions presque en aparté du projet de pôle d’art contemporain dans l’Est. Huguette Ah-Nième et son association Artère souhaitent s’installer dans l’ancien CNR de Saint-Benoît pour favoriser l’émancipation de l’art contemporain dans la microrégion la plus pauvre en la matière. Espérons que ce sera le cas. Le projet qu’elle a mené avec brio sur Sainte-Rose a été soutenu avec par la mairie de Sainte-Rose, la CIREST et la Région Réunion. Espérons que ces financeurs poursuivront cet effort avec ce projet de Pôle d’Art Contemporain à Saint-Benoît. Huguette Ah-Nième aura en tout cas montré ses capacités, sa force de réagir, de faire. Elle souhaite mettre en réseau les plasticiens, les peintres, les musiciens, les poètes, les vidéastes, les photographes, pour que la jeunesse de l’Est puisse se découvrir. L’art émancipe. Donnons ce coup de pouce en plus.
J.T.
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Messages
22 janvier 2008, 03:25
bravo pour cette action qui a semble-t-il le goût de la rencontre ;je suis un zoreil plasticien du sud de la france ;
j’espère que l’evênement sera péréclité afin qu un nouvel arbre de la culture s’émancipe