Journées Réunionnaises de l’Environnement

Artiste réunionnais et fier de l’être

9 décembre 2006

À l’occasion des Journées Réunionnaises de l’Environnement, Didier Soret, artiste réunionnais, expose ses œuvres jusqu’au 21 janvier 2007 au Conservatoire Botanique National de Mascarin. Fervent défenseur de la culture réunionnaise, son exposition “Visions troubles” ou le regard d’un artiste sur son environnement s’inscrit dans une approche exploratoire autour de plusieurs déclinaisons : picturale, sculpturale, photographique et installationiste.

Né à La Réunion le 8 octobre 1968, Didier Soret “saute la mer” dès son plus jeune âge. Après avoir été diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, il entreprend une Licence, une Maîtrise puis un DEA en Arts plastiques et Sciences de l’art à la Sorbonne à Paris. N’ayant jamais oublié ses origines, un besoin pressant se fait sentir : retourner dans l’île qui l’a vu naître.
Depuis 1996, Didier Soret est professeur certifié d’Arts plastiques au collège Saint Charles à Saint-Pierre, et depuis 2006, il est doctorant du CRESOI en Histoire de l’art et art plastique, esthétique et science de l’art.

Le regard d’un artiste sur son environnement

C’est dans la villa du Conservatoire Botanique National de Mascarin que vous pourrez admirer des tableaux originaux. Ce sont des photos, ou des peintures, à première vue, on ne sait pas trop ! L’artiste a voulu créer une certaine ambiguïté ; il faut regarder de très près pour se rendre compte que ce sont des photos. « Il s’agit de petits scénarios où j’ai voulu faire ressortir des problèmes graves et inévitables liés aux changements climatiques ; soit on mute, soit on disparaît, et c’est aussi valable pour les plantes », explique l’artiste.
La manipulation demeure indispensable à ses prises de vue et de risque. Celle-ci est à l’œuvre autant dans le processus de production que sur les images en elles-mêmes. Les photographies n’ont rien d’instantanées. Le repérage, éclairage, montage sont indispensables et proches de la mise en scène.
En sortant de la villa, vous vous retrouvez au milieu de “puits de lumière” en scotch et fil de fer, installés dans le jardin. L’objectif plastique est de capturer les déchets végétaux environnants et la lumière. « A l’intérieur de ces puits, la nature vit et circule, ce qui me permettra de faire des photos par la suite », précise Didier Soret.

Défenseur de la culture réunionnaise

Aujourd’hui, l’artiste accompli défend la culture réunionnaise dans sa linguistique, il défend également l’idée qu’il existe une philosophie de l’art à La Réunion. A travers son exposition de photos à la Galerie Serrano à Paris, il souhaite diffuser l’art créole à l’échelle mondiale : « je veux donner une image dynamique autre que celle du chik ».
Actuellement, il expose avec Sophie Bazin, artiste tamponnaise également, sur le thème “Dodo vole” à la salle Charles Baudemoulin au Tampon.
Toujours dans la continuité de la valorisation de la culture créole, Didier Soret prépare une exposition sur le thème “Bébète la nuite, bébète le jour”, où il interroge les esprits qui hantent la culture de notre île. Ces fantômes auront une connotation afro, chinoise, arabe..., « c’est une volonté de ma part de typer ça créole ».

Les Réunionnais ont du talent, n’est-ce pas ? Valorisons notre culture, nos traditions et notre patrimoine. Donnons une autre image de notre île.

Sophie Périabe


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