Clin d’œil aux élèves du Master Interculturalité de la Faculté

Arts et cultures d’Inde, d’Afrique, de La Réunion

15 décembre 2006

Dans le cadre du module “Arts et architecture de l’océan Indien” du parcours “Dynamique identitaire”, 7 élèves du Master Interculturalité de la Faculté se sont essayé aux Arts hindous et africains, s’inspirant des collections Tingatinga de Tanzanie et Madhubani du Bihar. Encadrés par Florence Callandre, Anthropologue et artiste, et après 3 mois de cours, ils ont exposé leurs peintures dans l’enceinte de la Faculté. Une expérience culturelle riche.

Le Master Interculturalité a été mis en place à l’Université de La Réunion voilà juste 2 ans. Civilisations, langues, musiques, cultures et ponctuellement Histoire de l’art : le programme est riche à l’image de la diversité réunionnaise.

« L’importance de l’imprégnation culturelle »

Afin de s’imprégner de l’architecture hindoue, la poignée d’élèves a visité des temples de La Réunion, la plupart réalisés par des artisans venus directement d’Inde. « La façon de réaliser est plutôt compliquée, confie Mylène Catouaria, mais ce module nous a surtout permis d’en apprendre plus sur les techniques de chaque art, indien et africain, de nous rendre compte de l’importance de l’imprégnation culturelle dans les réalisations ». Mylène explique que ce sont au départ essentiellement les femmes qui concevaient les pièces des arts Madhubani, soit dans le cadre de fêtes religieuses, soit pour orner les chambres nuptiales. En 3 mois de cours, l’objectif n’était certes pas de faire de ces élèves des artistes, mais bien d’éclairer leur appréciation sur l’histoire de la civilisation des arts dont on peut retrouver certaines touches à La Réunion, et de leur permettre de s’essayer à des modes de créations très techniques qui demandent temps et précision. La maîtrise de ce savoir-faire ancestral ne s’improvise pas, mais avec l’aide de Florence Callandre et un peu d’imagination, les élèves ont tenté l’expérience. Les étudiants ont utilisé les techniques propres aux artistes tribaux, une manière efficace de mieux cerner les motivations des artistes originaux et les symboles de leurs productions. Sur le modèle des collections Tingatinga, « nous avons confectionné nous-mêmes le cadre, explique encore Mylène. Puis, sur la toile, nous avons appris à appliquer plusieurs couches d’un mélange de colle à bois et d’huile de coco. Tout est dans le dosage, c’est un peu compliqué ». Même si « l’artistique, ce n’est pas mon truc, je me suis beaucoup intéressée et enrichie au travers des différents apports culturels d’Inde et d’Afrique ». Les créations ont été réalisées in situ dans la salle d’animation du Musée Villèle à partir des collections mises gracieusement à leur disposition par le conservateur Jean Barbier. L’expérience sera certainement reconduite l’année prochaine.

Stéphanie Longeras


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