La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Soutien à l’abrogation de l’article de loi reconnaissant le ’rôle positif’ de la colonisation
12 décembre 2005

Je ne sais quelle mouche nationaliste ou narcissique a piqué la majorité parlementaire actuelle pour qu’elle découvre soudain l’urgence d’inscrire dans l’arsenal législatif l’obligation pour les historiens d’évoquer les aspects positifs de la colonisation française. Faut-il être en manque de confiance pour que le Parlement français perde son temps en plein 21ème siècle à discuter d’un tel anachronisme ! Surtout au beau milieu d’événements violents relatifs à l’intégration des jeunes de banlieue dont l’histoire est en grande partie liée à la colonisation.
Certes, les partisans les plus honnêtes de cette initiative mettent en avant les réalisations de la France outre-mer (infrastructures, éducation, santé,...) mais c’est oublier un peu vite comment l’histoire a commencé. C’est comme si je cognais sur quelqu’un pendant toute sa vie (puisque je suis le plus fort) et quand il est totalement handicapé, je lui offre un fauteuil roulant en lui demandant de rendre hommage à ma générosité, à mon sens de la solidarité et de l’amour universel.
L’autre aspect de ce curieux besoin de reconnaissance me paraît plus fondamental : peut-on compenser par des avantages matériels l’exploitation, l’humiliation, l’acculturation voire le massacre des peuples colonisés ? Personnellement je pense que non. Le colonialisme est et restera un crime. Qu’il fasse partie, comme les guerres et les génocides, de l’Histoire de l’Humanité c’est un fait. Cela n’en fait pas pour autant une vertu méritant d’être glorifiée.
Il est vrai que dans ce genre d’affaires, chacun voit le monde à travers le prisme plus ou moins déformant de sa culture, de ses valeurs, voire de ses intérêts. Mais si on veut en parler avec un minimum d’honnêteté et d’humanité, il convient de se poser cette simple question : "Quels seraient mes sentiments si j’étais de l’autre côté ?" Avançons une hypothèse sans doute provocatrice. Supposons qu’un député propose de faire figurer dans un futur Traité constitutionnel européen l’obligation de citer les “aspects positifs” de l’occupation nazie dans les différents pays d’Europe. Cela peut paraître ahurissant au premier abord, mais si on cherche bien et si on n’est pas très exigeant au regard des valeurs humaines, on devrait pouvoir en trouver (“la lang napoinlzo” et les révisionnistes n’ont pas moins d’intelligence que les autres). Quelle serait alors la réaction des Français ?
Alors, j’espère que le gouvernement et sa majorité trouveront le moyen d’abroger cet article 4 de la loi du 23 février 2005. D’où la nécessité pour tous les citoyens de faire pression sur les responsables et les élus, par tous les moyens possibles. Voire d’en faire un enjeu pour les prochaines échéances électorales si les protestations ne suffisent pas.
Israël Abemonty
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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