À l’Entre-Deux, présentation d’un ouvrage de Prosper Ève sur les esclaves marrons

Au pied de Sa Majesté Dimitile...

19 mars 2004

’Les esclaves de Bourbon, la mer et la montagne’, tel est le titre du dernier ouvrage de Prosper Ève. Un ouvrage qui, comme son nom l’indique, fouille au plus profond d’une partie inconnue de notre histoire pour mieux faire connaître ces esclaves ’marrons’.

Pour Michel Latchoumanin, doyen de la faculté des sciences humaines, le partenariat entre l’Université de La Réunion et l’association Capitaine Dimitile est une excellente occasion pour l’Université de « sortir de sa tour d’ivoire » pour contribuer « à la diffusion de notre patrimoine ». De son côté, Anick Le Toullec, représentante du Conseil régional, rappelait que l’Assemblée régionale avait placé dans les priorités de la mandature qui s’achève la promotion de l’Homme réunionnais. En tant que partenaire de la publication lancée par l’association Capitaine Dimitile et rédigée par l’historien Prosper Ève, « la Région se devait de répondre présente et d’aider à ce travail de mémoire », résumait Anick Le Toullec.

« Faire partager la connaissance et pousser les jeunes à lire davantage » : c’est en ces mots que Prosper Ève résume l’état d’esprit dans lequel il s’est attelé à la tâche. Pour cela, l’historien s’est attaché à évoquer quelques auteurs pour qui le marronnage fut une source d’inspiration. Et le premier qui creusa en quelque sorte le filon fut Auguste Lacaussade.

Celui-ci non seulement évoqua dans ses écrits les esclaves marrons, mais fut encore le premier à en dire du bien, à exalter en quelque sorte le marronnage, alors que l’idée la plus communément répandue à l’époque, était que l’esclave, qui "partait marron", était le fugitif, le hors-la-loi, un individu en rupture de bans avec la société qui l’exploitait.

À une époque où l’esclave était ravalé au rang de meuble, auquel on reniait même sa qualité d’être humain, « Lacaussade fut le premier à ne pas avoir simplement une vision comptable », résume Prosper Ève.

Autres auteurs à avoir écrit sur le marronnage : Eugène Dayot et Louis-Timagène Houat dont Prosper Ève affirme, qu’en tant que contemporains de cette époque sombre, « ils avaient une bonne connaissance du marronage », tout comme Auguste Vinson.

Il était donc tout naturel que l’association Capitaine Dimitile, qui effectue un travail remarquable sur la question du marronnage, fut aux premières loges pour annoncer la sortie de cet ouvrage et que la présentation se fasse à l’Entre-Deux, dont Prosper Ève rappelle que la devise est « un cœur, deux bras. Les deux bras étant le Bras de Cilaos et le bras de la Plaine. Et le cœur, l’unité du village surmonté par Sa majesté Dimitile... »

S. D.


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Témoignages - 82e année


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