Au Sri Lanka, on achève bien les Tamouls...

19 août 2006

Un génocide et une guerre civile sans fin ont lieu actuellement au Sri Lanka dans notre bassin Océan Indien à l’indifférence des pays riverains et de la communauté internationale. Ce drame ne peut laisser indifférent les Réunionnais en général et la population tamoule de notre île en particulier. L’Association Régionale Tamij Sangam a voulu hier, sensibiliser et alerter l’opinion publique et nos représentants politiques...

Plus de 65.000 personnes ont été tuées, plus de 560.000 personnes déplacées, depuis l’insurrection. Les Tamouls réclament une large autonomie au Nord et à l’Est de cette île, là où ils sont majoritaires. À cela, le gouvernement sri lankais répond par la violence grâce à son armée, en particulier par les bombardements aériens incessants sur les zones habitées par les villageois tamouls. Un orphelinat de jeunes filles adolescentes a été bombardé le 14 août tuant soixante et un enfants. L’UNICEF confirme que c’est un orphelinat et non un camp militaire !
Des atrocités comme celles-ci sont devenues quotidiennes, des églises et des temples qui servent d’abri pour ces réfugiés sont détruits par les coups de mortiers...
À Jaffna, à l’extrême Nord du pays, la capitale historique des Tamouls, un couvre feu est instauré depuis une semaine ! Les habitants ne peuvent sortir et se retrouvent barricadés chez eux sans soins et nourriture.
Les organisations humanitaires travaillant sur place ne peuvent accéder à ces zones. L’association française “Action contre la faim” qui œuvrait sur place a vu ses 16 bénévoles exécutés par des rafales de mitraillette. Ils étaient tous d’origine tamoule. Aucune enquête indépendante sur cette tuerie est décidée.
Les médias internationaux et les Nations Unies s’intéressent très peu à cette île de l’Océan Indien.

Contre l’indifférence

Les Réunionnais voient très peu d’images de ce conflit. Lors d’une conférence de presse Tamij Sangam a voulu réveiller les consciences... "Pourquoi cette indifférence de la communauté internationale ?", s’exclame le docteur Chanemougame Selvam, président de cette association bien connue de notre île.
Devant les interpellations des uns et des autres, Tamij Sangam a interpellé nos parlementaires, les députés de l’Assemblée Nationale, les sénateurs et les députés européens pour qu’ils transmettent au gouvernement français, l’émotion et la tristesse des Réunionnais face à cette tragédie. L’association souhaite une intervention humanitaire urgente afin d’apporter l’aide de première nécessité.

En outre un courrier a été transmis au Premier ministre français et au gouvernement indien, par le biais du Consulat Général de l’Inde (Voir notre encadré), afin que ce pays puisse également apporter une aide humanitaire accrue en particulier aux milliers de réfugiés qui fuient le Sri Lanka et qui trouvent refuge dans la province limitrophe de Tamil Nadu.

Espérons que ce cri de cœur des Réunionnais soit entendu par ces deux capitales, Paris et New Delhi.


Lettre de Tamij Sangam à Mr. Manmohan Singh, Premier ministre de l’Inde

Monsieur le Premier Ministre,

La guerre civile fait rage au Sri Lanka. La population civile, notamment du Nord et de l’Est de cette île paie un lourd tribut. On dénombre depuis le début de ce conflit plus de 65.000 morts et de 150.000 déplacés.

La population tamoule du département français de l’île de La Réunion est très affectée par ce drame qui touche cette île du Nord de l’Océan Indien.

Notre association Tamij Sangam ne souhaite pas prendre parti avec tel ou tel belligérant. Notre inquiétude concerne uniquement le sort de la population civile prise entre les deux feux. Une catastrophe humaine se déroule actuellement là-bas.

Notre association sollicite le gouvernement indien pour une intervention d’aide humanitaire urgente aux victimes innocentes de ce conflit, notamment aux réfugiés qui débarquent en Inde.

Nous vous remercions, Honorable Premier ministre, de tenir compte de notre émoi et de notre peine face à cette situation.

Une initiative de l’Inde, dans le domaine humanitaire, réconfortera ces sinistrés qui doivent se sentir abandonnés par la communauté internationale.

Je vous prie d’agréer, Honorable Premier ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.

Dr. Chanemougame, Président de Tamij Sangam


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus