Les universités d’Héva

Avec des artistes conscientisés

14 mai 2007

Les artistes se concertent pour faire évoluer leur activité dans la société réunionnaise. Sur le site de l’APECA, “réhabilité”, convivial, peintres, plasticiens, écrivains, musiciens, sculpteurs, acteurs culturels se sont réunis pour un moment d’échanges.

Les séminaristes ont travaillé sur la réalisation d’un petit traité à remettre aux programmateurs d’expositions, pour une meilleure prise en compte des œuvres.
(photo PJ)

L’APECA, les murs où se jouèrent des portions “sombres” de l’histoire réunionnaise. D’orphelinat en centre de détention pour marmailles délinquants, aujourd’hui, les bâtiments de l’APECA sont devenus un formidable lieu de vie culturelle (voir page 6). En m’y rendant, j’ai toujours l’impression de progresser au sein de Rarihasina, lieu de vie culturelle, scientifique et artistique de Tananarive. A la Plaine des Cafres, ce lieu regroupe aujourd’hui des artistes de tout bord, des artistes qui partagent une bien triste problématique. Comment évoluer malgré la ruralité ? D’ailleurs, la ruralité est-ce un si grand embarras pour faire vivre une activité, et un artiste ? De fil en aiguille, la cinquantaine de participants a certes soulevé les difficultés qu’ils rencontrent tous les jours. Mais la démocratie participative amène des solutions. Et si les artistes s’impliquaient dans la politique culturelle de leur territoire, de leur département, de leur région ? Comment doivent-ils se regrouper ? Quelle place comptent-ils avoir dans la société réunionnaise ? Moult questions, le plus souvent techniques, ont été abordées. Le “sobatkoz”, le débat, est propice à l’émergence d’alternatives, de solutions, même temporaires. Rien ne se fera pour autant sans acte. Les artistes se mobilisent, et fortement. La Mairie du Tampon apporte son soutien à cette démarche. Les Conseils, général et régional, sont tout autant favorables à la valorisation de la création réunionnaise. La mise en cohérence de l’intervention des Collectivités territoriales, et même d’instances étatiques, est-elle seulement possible ?

Mise en lumière d’artistes réunionnais

C’est une réussite. Cette manifestation a créé une synergie chez les artistes du milieu rural. Ils ne viennent pas seulement de la Plaine des Cafres. Si certains viennent du Tampon, d’autres sont originaires de Saint-Denis, de l’Ouest de l’île, de l’Est aussi. La manifestation, véritable événement culturel à reconduire chaque année, s’est déroulée dans la convivialité. La rencontre s’opère au cours de débats studieux, mais surtout autour d’un bon feu de bois, d’un bon repas, d’un kabar. Jala, invité par André Béton, le Président, était de la partie. C’était d’ailleurs leur rentrée, à cette jeune formation, qui prend encore rendez-vous avec le public réunionnais, cette semaine. Maloya, du traditionnel, du maloya funky, des fonnkèr, le public a été conquis. Les universités d’Héva servent sans aucun doute à mettre en lumière le travail d’artistes. Ici, la musique. Mais ceux qui ont eu le privilège de participer à cette action ont pu découvrir des espaces consacrés aux arts. Des toiles de Charly Lesquelin, d’Huguette Ah Nième, d’Alicia Devaud, des sculptures signées Nelson Boyer, d’autres d’un Jean-François Hoarau. Bref, des œuvres à voir, à revoir. L’année prochaine, si les universités d’Héva perdurent dans le temps, venez-y encore plus nombreux. Bon nombre d’artistes pourront s’y retrouver dans un cadre majestueux. Et vous, lecteurs, venez à la rencontre des artistes.

P. Julie


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus