Avec Ziskakan ...

20 mars 2007

Gilbert Pounia et Ziskakan ont rempli de bonheur et d’émotion le millier de personnes qui sont venues samedi soir les écouter au Théâtre de Champ Fleuri.

Mais ceux qui étaient venus pour écouter et réentendre “Banjara”, “Akshaï”, “Bal Boukan”, “Mésazé”, “Princèss Minui” ou “Syklone valval” ont découvert une bande de jeunes - trois garçons et trois filles - atteints de handicaps physiques et qui ont choisi la musique pour déborder d’une vie qui leur a fait, à eux, un vilain croche-pied. Nacer Djoudi dirige le Centre d’éducation motrice de Sainte-Suzanne. Sa rencontre un jour avec Gilbert Pounia a, samedi, abouti à une première. Une grande et émouvante première qui a touché Karine Alfirevic, venue avec eux nous chuchoter que « tous les enfants devraient naître libres et égaux en droit ».

Son message et celui de nos jeunes handicapés nous ont marqués au point que nous avons pensé vous inviter à les avoir sous les yeux.

Raymond Lauret


Tous les enfants devraient naître libres et égaux en droit

Libre d’aimer et d’être aimés
Libres de chanter, de jouer, de rire et de rêver
Libres de marcher, de courir, de grandir
Sans être poursuivis si tôt, ... trop tôt,
Par la misère, la souffrance et la maladie...
Dans notre chaîne éternelle,
dans ce mouvement infini,
S’aimer, c’est perpétuer la vie
Mais parfois, le cercle s’effrite... et se brise peu à peu,
Lentement rythmé par les battements d’un petit cœur qui lutte
Et soudain s’éteint !
... sans bruit !
Finis les rires, finis les pleurs,
finis les joies et les caprices.
Ce soir, mon âme hurle de douleur.
Je revois ses grands yeux ouverts à la vie,
ouverts au bonheur,
dans le secret d’une maladie qui terre les gens
pleins de vie comme des rats !
Pas le droit de hurler, pas le droit de crier
pour les préserver de la haine et des préjugés !
Tous les enfants devraient naître libres et égaux en droit
Droit de vivre et d’espérer malgré ce virus maudit
qui détruit peu à peu leur corps,
Et leur ferme lentement et à jamais les portes de la vie
Droit d’être soignés, ... sauvés
Même si l’argent manque dans la famille, ... dans le pays
j’ai rêvé et rêve encore souvent que nous naissons tous
Avec l’envie, ... la possibilité d’agir
Tous unis
Pour ne pas laisser mourir tout près de chez nous
Des hommes, des femmes, des enfants !
Pour que tous aient droit à un traitement !
Pour en finir avec cette maladie-là
Cette maladie d’amour... dont on ne parle pas
Levons nos yeux vers le ciel. Levez vos yeux,
compter les étoiles...
Il n’y en a pas assez pour représenter les 2000
enfants qui, ce soir,
comme chaque soir dans le monde, sont morts en silence, dans l’indifférence...
C’est l’ensemble que nous pouvons changer tout ça...
Tous les enfants devraient naître libres et égaux en droit.

Karine Alfirevic


Un doux regard

Un doux regard, qui se pose sur moi
J’aime à le voir, sans pitié ni pourquoi
Faut le savoir, j’ai grandi sans marcher
Mais il y a espoir que ma vie soit beauté

J’aime comme un phare, il n’éclaire que moi
Qui sait qu’au fond de moi simplement c’est être aimé
Pour ce que je suis et que je ne fuis pas
C’est ce que je suis et j’avance pas à pas

C’est pour toi, c’est pour moi, c’est comme ça
Cette chanson nous donne joie
C’est comme ça, c’est pour moi, c’est pour toi
Le soleil brille en moi

Pour ce que je suis et que je ne fuis pas
C’est la vie, c’est un refrain que l’on chante, main dans la main
Car maintenant, être seul, c’est fini
Place à l’envie, aux plaisirs de la vie

C’est pour toi, c’est pour moi, c’est comme ça
Cette chanson nous donne joie
C’est comme ça, c’est pour moi, c’est pour toi
Que le soleil brille en moi

Jeunes et professionnels du CEM


La vie c’est comme ça

Je suis né dans un quartier chaud
Je côtoie la violence chaque jour
Je sais que je suis dur avec tout l’monde
Mais je me dis que ce n’est pas ma faute
Ce n’est pas simple d’être dans un fauteuil
Alors que j’aimerais tant marcher comme mes frères
Je te demande pardon pour mes coups de colère

La vie c’est comme ça
Y a des blonds, des bruns, des roux et y a aussi nous

La vie c’est comme ça

Y a des blonds, des bruns, des roux et y a aussi nous

Nous on est dans un fauteuil
On ne marche pas et on nous dit
Que la vie c’est comme ça
Mais moi je ne comprends pas cela
Je veux qu’on m’explique
Qu’on me dise que ça va changer
Même si c’est pas vrai car on dit

La vie c’est comme ça...

Texte : Johan


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