La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
9 janvier 2007

“Le feu dans les îles” est le premier disque co-signé des Chihabi père et fils (African Records). Le musicien comorien Abou Chihabi s’est exilé des Comores, il y a plus de 20 ans, et il avait fait un passage à La Réunion vers 1985. Baba, le fils, est né à Paris en 1980. C’est son premier disque, livré ce mois-ci chez les disquaires réunionnais.
On y retrouve les tendances musicales du père, plutôt folk comorien, et celles du fils qui se cherche vers le reggae. Après avoir joué ensemble pendant près de 5 ans, à partir de 1999, ils ont décidé d’enregistrer ce premier témoin de leurs complicités, musicales et autres. Les chansons sont principalement en français, en swahili et en comorien, avec quelques messages en anglais et en espagnol, à l’adresse de tous les peuples, et plus spécialement ceux de l’océan Indien. Les textes font quelquefois référence à la période révolutionnaire d’Ali Soilih* - dont c’était avant-hier le 70ème anniversaire de la naissance - et appellent surtout à l’unité des îles pour le présent.
Baba Chihabi a vécu ses 16 premières années en France, avant de passer ses “années lycée” (1996-1999) à Mayotte, où il a commencé à faire quelques scènes avec sa guitare, avec des musiciens et chanteurs de la région dont il a assuré les premières parties de spectacle : le Mahorais Bob Dahilou, le Malgache Milly Clément et Salim Ali Amiz (Grande Comore).
Son engagement dans la chanson le pousse à chanter l’unité des peuples de l’océan Indien, l’appel à la responsabilité et à la défense des droits.
Très proche de la Nature, il trouve qu’elle nous a donné beaucoup et que nous en faisons la plupart du temps mauvais usage. « Dans toutes les îles, il y a quelque chose à développer, dans l’agriculture surtout et ailleurs aussi, mais à cause de nos conditionnements, nous n’arrivons pas à nous unir et à mettre en place un gouvernement stable. Le problème ne vient même plus de ce que Mayotte est française ; c’est plus profond que cela », estime-t-il.
On aurait tort de ne voir dans ses chansons qu’une dimension politique, présente mais ténue. Ce sont d’abord des chants surgis de la vie quotidienne - y compris parisienne, avec une bonne dose d’humour et de causticité - et des appels à la paix et au partage culturel. Il était hier soir l’invité de radio Arc-en-ciel.
P. David
* Ali Soilih, né le 7 janvier 1937 à Mahajanga (Madagascar) de parents comoriens. Il se forme comme technicien de l’agriculture à Madagascar puis en France. De retour dans son pays, il se voit confier la direction de la société économique des Comores (SODEC). Elu député le 20 août 1967, il est nommé ministre de l’Equipement et du Tourisme en septembre 1970. Il est porté au pouvoir après le coup d’Etat du 3 août 1975 (préparé avec l’aide occulte de la France) et en est chassé par Bob Dénard et sa clique de mercenaires en juin 1978. Il est assassiné quelques jours après sa destitution, vraisemblablement par un des hommes de Bob Dénard. Il a pendant 3 ans tenté d’instaurer aux Comores une république laïque et sociale, et de faire adopter une Constitution adoptée par tous les partis.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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