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169e anniversaire de l’abolition de l’esclavage
15 décembre 2017, par

Les Réunionnais s’apprêtent à célébrer le 169e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, fête à laquelle est logiquement associé le maloya, par le passé interdit. De nombreuses manifestations sont prévues au quatre coins de l’Ile, par les collectivités notamment.
A cette occasion, il n’est pas inutile de rappeler que les communistes ont pris une part essentielle – certains ont été poursuivis devant les tribunaux - dans la bataille visant à faire du 20 décembre, une journée fériée et chômée. Une revendication très ancienne du PCR à laquelle se sont associés d’autres mouvements et organisations. Des années de lutte qui ont payé. La loi est promulguée le 30 juin 1983 et un décret du 23 novembre de la même année officialise, le 20 décembre fête Réunionnaise de la liberté.
Qui avait cru jusqu’à la fin des années 70, que le 20 décembre serait un jour officiellement célébré ? Qui avait imaginé, à cette époque, que notre maloya serait inscrit au patrimoine immatériel de l’Humanité ? Aujourd’hui, personne ne peut contester le rôle majeur des communistes, de leurs dirigeants dont Paul Vergès. Quant aux opposants d’hier à cette date historique du 20 décembre, ils ont fini, avec le temps, à se faire une raison, pour ne pas paraitre éternellement ridicule, à l’image du maire de Saint-André.
Rappelons qu’en 1983, à la promulgation de la ladite loi, Jean-Paul Virapoullé avait bondi de rage et déclaré « On ne dansera pas le maloya à Saint-André ». Mais, c’était sans compter avec les Réunionnais qui se sont accaparés de l’évènement. L’ampleur des manifestations et l’engouement populaire suscité au fil des ans, ont finalement conduit le maire de Saint-André à plus de bon sens. Mais il lui aura fallu tout de même sept années ! En décembre 1990, une banderole sur le fronton de la Mairie, proclamait « 20 décembre, fête de la liberté », et un kabar était organisé à La Rivière-du-Mat – les Bas par une association municipale. Vaut mieux tard que pas du tout.
Mais plus que jamais la lutte doit se poursuivre. Les graves problèmes auxquels La Réunion est aujourd’hui confrontée, nous invitent à être imaginatifs et exigent des réponses innovantes. Elles passent notamment par la responsabilité du peuple Réunionnais.
Dans son discours de clôture du 7e congrès du PCR, le dimanche 5 décembre 2010, après avoir rappelé que les luttes de demain se construisent sur les combats de nos ancêtres, Paul Vergès avait conclu d’un ton solennel : « Faisons de notre combat, la réalité de demain sur la base de nos rêves d’aujourd’hui ». Un appel toujours d’actualité.
Bon 20 décembre à tous ! Et ensemble, poursuivons la lutte.
Paul Dennemont - Saint-André
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