Le prochain Sitcom-péi : Dada èk Néninn

C’est dans la boîte !

2 décembre 2006

Après six semaines de tournage, c’est la fin de l’aventure pour l’équipe constituée autour du réalisateur Fred Eyriey, des producteurs Ivan Sudres et Olivier Dejean : dernières scènes, derniers claps et tournage de la bande annonce. Rendez-vous sur le petit écran (Antenne Réunion) : début 2007.

La plage soudain éclate en hourras ! bravos ! bientôt couverts par des applaudissements et des cris. Toute l’équipe, acteurs et techniciens, laisse éclater sa joie. Il est 12h44 sur la plage de la Saline, Luciano èk Sabrina se sont échangés les dernières réparties. Les techniciens ont procédé aux dernières vérifications. Et voilà... C’est fini !
Et bien fini encore, dans les temps, pas un jour de retard... De quoi calmer les producteurs, vu ce que peut coûter une journée de tournage, rapportée au budget de l’entreprise, soutenue à hauteur de 50% par le CNC (70.000 euros) et la Région Réunion (84.000 euros). Le coût d’une heure réalisée est de 75.000 euros et l’ensemble des 90 épisodes représente plus de 5 heures de film.
« C’est la seule région de France qui s’engage dans le tournage de sit’com » commente Olivier Trécolle, de l’ADCAM, antenne audiovisuelle de la région. Le troisième partenaire est Antenne Réunion, engagé pour 17% du budget et diffuseur du produit, en février prochain.

A l’écart des quelques plagistes du mercredi, la douzaine de personnes qui constitue l’équipe s’active depuis le point du jour. Le tournage a commencé le 22 octobre : 90 épisodes de trois minutes trente chacun, dont une douzaine a été tournée en extérieur, à la Saline et à la Possession. La série raconte une tranche de vie de Sabrina et Luciano, ou encore Bina èk Babouk (Néninn èk Dada), la “grande sœur” et le frère d’adoption dans une famille recomposée d’aujourd’hui. Marie-Alice Sinaman et Jean-Laurent Faubourg, les deux personnages principaux, ont déjà une longue complicité à l’écran. Ils sont aussi co-scénaristes de l’histoire, avec Thierry Jardinot.
Le choix des auteurs par l’équipe de production relève d’un parti pris où la défense du créole côtoie celle de la diversité culturelle revendiquée. C’est la quatrième “comédie de situation” tournée dans l’île, après Camion Bar, Kaméra Kafé et Chez Mangaye.
Cette nouvelle histoire cherche à donner « l’image des jeunes créoles d’aujourd’hui » selon le réalisateur, Fred Eyriey. Les auteurs ont été choisis « pour la qualité de leur langue », dans une histoire censée « donner un reflet de la vraie vie, sans caricature... sauf exception ! », complète-t-il. L’image du “kréol kouyon” servie par des générations d’humoristes réunionnais depuis une trentaine d’années a été volontairement reléguée comme « dépassée ».
Les téléspectateurs diront s’ils se retrouvent ou non dans ces personnages de Naïf attachant et de Célibattante créole surprotectrice, mais c’est à peu près ce qui était recherché. Avec la locomotive de tête, d’autres auteurs - Sully Andoche, Michel Ethève et Erick Fleuris - ont apporté leur goûté aux dialogues ; et d’autres comédiens complètent l’équipe artistique : Sonia Affidou, Jean-Pierre Bardemon, Francine Barreau, Geneviève Dumortier, Erick Fleuris et Alex Gador.
En se félicitant de l’« excellente ambiance » de l’équipe, qui a permis au tournage de se dérouler dans des conditions optimales, Fred Eyriey a fait le bilan d’un tournage réalisé en continu. « Il n’y a pas eu beaucoup de temps morts ». Le producteur délégué, Ivan Sudres, acquiesse. « On a pu tourner jusqu’à dix minutes par jour de produit fini, sur des journées pleines, pleines, pleines... » Le résultat serait, selon lui, proche du double de la moyenne des tournages du genre (4 à 6 minutes).
Le travail est fait. L’équipe a le sentiment du devoir accompli. Il ne manque plus que le verdict du public : à vos écrans, en février, sur Antenne Réunion.

P. David


Olivier Dejean : Producteur exécutif

« La sit’com est un bon moyen de détecter des auteurs... »

A peine franchi le milieu de la vingtaine, Olivier Dejean a déjà un parcours de producteur d’images d’un inaltérable dynamisme. Son rôle auprès du producteur délégué a été de chercher les techniciens. « Je voulais une équipe homogène, qui tienne le coup pendant tout le tournage ». Il a cherché d’abord dans les compétences disponibles sur place... et il a trouvé. « Il n’y a que le directeur de la photographie, Alexandre Junca, qui vienne de France, parce que les autres n’étaient pas disponibles à ce moment-là » explique-t-il.
De formation, il est ingénieur du son et a suivi cette voie assez vite après le Bac et une année de “maths sup” à Leconte de Lisle... Le voilà parti pour le lycée des Arènes, à Toulouse, où il passe un BTS audiovisuel. Puis il entre pendant trois ans à radio France Toulouse, au Mouv’.
Il explique que s’il a eu envie de entrer au pays assez vite, c’est avec l’idée de créer ici ce qui n’existait pas encore. La production audiovisuelle faisait ses premiers pas quand, à 23 ans, il crée sa première société de production, au Port, Vert M’ Prod. « La rencontre avec Thierry Jardinot a été très importante pour moi ; il ne s’est pas posé en ”vedette”, il m’a présenté autour de lui et il m’a fait confiance. Je me suis défoncé, devant sa confiance et cela m’a fait mûrir plus vite », raconte Olivier, qui crée une première fiction radio, Bato La Rényon, avec Thierry Jardinot.
C’est ainsi qu’il devient producteur exécutif à 25 ans, avec le projet de développer la “branche son“ - son premier élan - à La Réunion. Il pense aussi beaucoup à enrichir la production documentaire, mais se heurte à un problème que tous les professionnels comme lui rencontrent dans l’île : le manque d’auteurs. « On pense tous à ce qui sera un jour le premier long métrage réunionnais », dit-il. « Tous les producteurs de la place en rêvent...C’est à nous d’y travailler, de trouver les scénaristes, les auteurs. Ce n’est plus une question technique ». Alors, une sit’com en attendant, c’est un peu pour se donner le temps de voir grandir la profession, par petites touches. « Une sit’com, c’est un bon moyen de détecter des auteurs. Que les jeunes se lancent dans l’écriture et viennent nous voir », dit-il très confiant.

P. D


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus