Du livre au film

Ce qu’ils en ont pensé

6 juillet 2006

À l’initiative de l’Association des Producteurs Auteurs Réalisateurs de La Réunion, des rencontres professionnelles ont rassemblé en fin de semaine dernière le monde du livre et le monde du film, pour initier un dialogue autour de l’adaptation. Premières réactions croisées de la part de réalisateurs et d’auteurs.

o Jean-Manuel Prudhomme, réalisateur de documentaire

En quoi étiez-vous intéressé par ces rencontres ?
Jean-Manuel Prudhomme voit un triple intérêt à ces journées :

- Mieux comprendre les mécanismes liés à l’adaptation du livre au cinéma ou à la télévision et mieux connaître la réglementation française sur les droits d’auteur, mais aussi découvrir le monde de l’édition en général, à La Réunion, et rencontrer des auteurs locaux.

Quel sentiment gardez-vous de ces rencontres ?
J’ai été très satisfait de ces rencontres. Ces 2 jours m’ont vraiment fait découvrir un monde "nouveau" pour moi, celui de l’édition et de l’écrit, même si, étant réalisateur de films documentaires, je ne suis pas réellement concerné par l’adaptation de romans, de nouvelles ou de poésies au cinéma (plutôt destinés à la fiction). Le deuxième jour et notamment l’après-midi a été l’occasion d’une discussion intéressante qui correspondait davantage à mon domaine de travail, avec le débat sur l’adaptation d’ouvrages de connaissance pour le documentaire.

Quels sont vos projets audiovisuels à court et à moyen terme ?
- Des documentaires dont je pourrai vous parler plus tard quand les choses seront un peu plus calées.


o Bernard Crutzen, réalisateur indépendant

Quel sentiment garderez-vous de ces rencontres ?

- Les journées autour de l’Adaptation du livre au film ont été pour moi un enchantement, car elles m’ont permis de découvrir le monde de l’édition réunionnaise : auteurs, éditeurs, associations, collectivités, bibliophiles... Un monde dont je ne soupçonnais pas l’importance, qualitative et quantitative. Il est temps que les gens de l’audiovisuel et du cinéma puisent dans cette manne l’inspiration qui leur fait parfois cruellement défaut. La candeur de certains scenarii de courts-métrages en est la preuve.
Actuellement, je réalise des documentaires. Si un jour je viens à la fiction, je sais désormais par où commencer : explorer d’abord ce qui existe dans la littérature, lire ce qui a été écrit par le passé et ce qui s’écrit aujourd’hui.

Quels sont vos projets ?
- J’ai la chance d’avoir un pied en Belgique et un autre à La Réunion. En Belgique, dans certaines paroisses rurales, on prie Saint Expedit. J’aimerais, au travers d’un documentaire itinérant, suivre les traces du ti bon dieu, depuis la Turquie orientale où il mourut, jusqu’à La Réunion où il vit désormais, en passant par l’Allemagne, la Belgique et le Vatican. Un projet que je n’entamerai pas seul, puisque après ces journées, je suis convaincu de l’intérêt d’une collaboration avec des auteurs spécialisés.


o Teddy Lafare-Gangama, auteur réunionnais

Kosa l’a ral aou dan bann rankont-là ?

- Sak l’a ral amoin dan lo lidé séd fé in sobatkoz otour lékritïr la Rénion é ésèy trouv in louvertïr pou lï. Moin na linprésion k’nou lé loin ankor d’trouv in lantant ; mi pansé k’navé poudbon in loportïnité mèt bann tèks zékrivër rénioné an imaz. On diré k’sa lé pankor pou nou, antouka pa pou moin.
Daborinn, té i konsern bann liv, é moin l’a fé romark banna k’nana d’tèks ke lé pa forséman édité ; on diré pou banna sé bann liv minm i fo trapé. Aprésa, moin na linprésion osi bann zéditër lé là pou trouv in ot moyin fé d’shif ankor sï nout do. Konmsi té i rouv in port pou zot fé ékoul zot bann liv l’a pa vann. Nou la pa koz bonpë sï bann zotër an kestion...

Kosa ou mazine rant lo liv é lo film ?

- Moin noré bien émé pouvoir diskït de mon bann tèks ansanm in prodïktër, ne srès pou oir si na moyin fé sort kèk shoz si in lékran ; moin na in tèks i gingn fé plïzièr lépizod ansanm, in ot i gingn fé in désin animé, in ot moin l’a pou ékri... Épisa, akoz pa ékri dirèk pou in film ? Moin lé pa kont in moun i pas in komann sanm moin...
Sak ou domann aou ankor ?
Kosa i lé lodiovizïèl isi la Rénion ? Kosa banna i produi, ousa i difïz ? Kisa i akonpagn anou poudbon antank lékrivër dann prozé-là ? Moin lé loin d’mazine so bann kantité larzan banna i anons an Frans-là, pou bann lékrivër la Rénion...


o William Cally, auteur réunionnais, réalisateur en herbe

Quel sentiment garderez-vous de ces rencontres ?

- Outre le plaisir de retrouver quelques amis et de faire de nouvelles connaissances, ces journées sur l’Adaptation se sont révélées relativement enrichissantes. J’ai notamment reçu la confirmation, à l’écoute de certains témoignages d’écrivains locaux, que l’écriture cinématographique différait considérablement de l’écriture littéraire. Toutefois, m’étant déjà exercé à l’écriture de scénarios de courts-métrages, c’était une chose que je n’étais pas sans savoir. L’accent mis sur les dimensions juridiques de l’adaptation a également contribué à m’apporter quelques lumières.
Les journées sur l’Adaptation m’ont intéressé du fait que je suis un écrivain que la création cinématographique intéresse au plus haut point. J’envisage dans un futur plus ou moins proche de réaliser des films, lesquels pourraient constituer, pour certains d’entre eux, des "adaptations" de mes textes littéraires.

Quels sont vos projets ?
- Je préfère actuellement, étant donné la complexité de la tâche, ne penser qu’à l’étape initiale qui se profile pour moi, à savoir la réalisation d’un premier court-métrage de fiction. J’envisage, en effet, de faire un film dont j’ai achevé le scénario dernièrement. Ce projet a été lancé il y a quelques mois et avance désormais, selon moi, sur de bons rails. Je me suis entouré de collaborateurs au talent certain, qui me font confiance et m’accompagnent attentivement. Il n’y a pas de raison pour que cette synergie ne se concrétise pas dans les mois à venir, sous la forme d’une œuvre cinématographique digne d’intérêt.


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