Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
« Nou lèv la tèt, lo pwin séré »
30 août 2016, par

Comme ‘’Témoignages’’ l’a rappelé mardi dernier, la Journée Internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition est célébrée dans le monde entier chaque année le 23 août sous l’égide de l’UNESCO pour « inscrire la tragédie de la traite dans la mémoire de tous les peuples ». La 6ème édition réunionnaise de cette célébration a été organisée ces samedi 27 et dimanche 28 août par le Komité Éli, présidé par Yvrin Rosalie, sur le site de la Ravine à Jacques à la Grande Chaloupe.
Plus d’une centaine de personnes venues de tout le pays ont participé à cet événement, marqué notamment par la qualité des échanges sur l’importance de ce genre de célébration et par la présence de plusieurs personnalités du monde culturel réunionnais, comme par exemple Idriss Issop-Banian, président du Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion (GDIR). On peut également signaler la qualité de l’exposition sur l’esclavage présentée par le Komité Éli devant les restes muraux du premier lazaret installé à La Réunion au début de l’esclavage.
Comme l’a dit Jérôme Tilain, un responsable du Komité Éli, il est très important de faire connaître à la population tous les lieux de mémoire qui ont marqué l’histoire du peuple réunionnais et en particulier « il faut mettre en lumière ce site de la Ravine à Jacques ». Et le président du GDIR a aussi souligné « l’importance de rendre hommage à nos ancêtres afin de transmettre leur héritage aux jeunes générations pour cultiver l’identité de notre peuple ».
Dans ce but, la soirée de samedi a été consacrée essentiellement à la projection de deux films produits par William Cally sur l’histoire de l’esclavage à La Réunion : ‘’Élie ou les forges de la liberté’’ et ‘’Madame Desbassyns’’. La matinée de dimanche a commencé par un hommage à la mer, avec des jets de fleurs là où ont été lancées de nombreuses victimes de la traite négrière.
Ensuite, un hommage a été rendu devant leur stèle à trois grands ‘’zarboutan nout kiltir èk nout mémwar’’ défunts : Sudel Fuma, Franswa Sintomèr et Dédé Lansor. À cette occasion, le président de Mouvman Lantant Koudmin, Sharl Sintomèr, a chanté une des très belles chansons de son frère, intitulée ‘’Lonèr respé’’, où il proclame cet appel à la résistance : « Nou lèv la tèt, nout pwin séré ».
La matinée s’est terminée par une conférence-débat de l’anthropologue Georges Tergémina sur la déportation, suivie d’un pique-nique partage et d’un grand kabar avec de nombreux artistes. Ce que retiendront entre autres les participants à cette célébration en hommage à « nout zansèt », c’est la nécessité d’être vraiment fidèles à nos ancêtres en continuant leurs combats pour la liberté et contre toutes les formes d’oppressions et d’injustices de notre société aujourd’hui.
Nos peines
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