Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Fonnkézèz publik N°1
18 mars 2008

Dangereux... le mot est à la mode, dans le langage courant, il veut dire : super, très bien. Mais soulignons ici la notion de péril, car le risque que prend Barbara Robert retourne les tripes, le cœur, les sexes...
La poésie. L’image naturelle de la poésie reste de prime abord celle d’un univers harmonieux, dégoulinant de bons sentiments et suintant de jeux de langues et de sons. Mais la poésie, ce n’est pas seulement - ce ne devrait jamais être - pour faire jolie. La poésie n’est pas là pour embellir, ce n’est pas une promesse. La poésie est utopie : renversement de l’âme.
Nue telle qu’en son âme
Barbara Robert n’a pas pour habitude de faire de la poésie au sens commun du terme. La poétesse est nue telle qu’en son âme. Il n’y a de poésie que dans la transgression. Il n’y a poésie que dans la destruction de tout interdit pesant sur la langue, sur la vie, sur la pensée. Corps, âme, esprit, elle est entière. La poésie n’est pas théâtre, elle est parole personnelle et, de ce fait, universelle, car vécue et offerte en partage, mardi soir, offerte en pâture sur l’arène de la scène.
Un palier supplémentaire
La poésie réunionnaise, la poésie moderne et militante a délié la langue. Les combats politiques ou culturels s’écrivent encore, Barbara Robert franchit un palier supplémentaire dans la franche vérité. Ici, la poésie n’est pas communautaire, ou alors, franchement orientée vers la communauté totale des hommes et des femmes, dans leur acceptation et leur rejet, dans leur contradiction, dans leur lutte infinie pour dire l’indicible, dire ce qui ne doit, ni ne peut être dit. Dire l’interdit et en même temps tout ce qui se trouve dans l’inter, dans l’interne, jusque dans l’organe.
Tirer les vers du cœur
Il y a quelque chose de pourri en l’être humain, et la poétesse nous tire les vers du cœur. Oui, notre âme est malade, oui, elle est en décomposition, oui, nous souffrons. Nous souffrons en naissant, nous souffrons en mourrant, pourquoi ne souffririons-nous pas de notre vivant ?
Dire le mal, dire le mâle et dire la femme. La femme drapée de douleur, prête à s’immoler par les mots. Gueuler le silence pour qu’il n’y ait plus jamais de silence, tel est son travail. Et nous, nous qui écoutons, elle noue nos intestins, elle nous fait ravaler nos couilles, elle nous fait pleurer ses larmes de foutre qui lui remontent jusqu’aux yeux.
Alors, on ne dit pas merci. On n’applaudit pas. On se tait. On respecte et on reçoit. Frappe tant que tu veux Barbara, ça nous fait du bien.
Francky Lauret
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