Lutte contre l’illettrisme

Christine Soupramanien : « Obtenir la participation du plus grand nombre »

18 mai 2006

Que pouvez-vous dire de l’action des organismes de formations dans la lutte contre l’illettrisme, aux plans qualitatif et quantitatif ?

Christine Soupramanien :Les organismes de formations participent à l’accueil des illettrés, notamment pas le biais des plates-formes. Il y a lieu que cela se poursuive. Un peu moins de 500 personnes ont été touchées par l’action des plates-formes, en 2004. Sur le nombre global, rapporté à la dimension du phénomène, cela peut paraître insuffisant. C’est en fait un peu plus parcequ’il y a aussi un public sur des actions financées par l’État. Cela fait monter l’ensemble à 800-850 personnes. Ce n’est pas rien, parce que, de part et d’autres, cela représente des financements énormes, et ce n’est pas suffisant...
Concernant la qualité des formations, le souci est d’établir des paliers. Il y a une individualisation, mais il faudrait considérer qu’une personne, partie du palier 1, va atteindre le palier 3 ou 4. Cela suppose la notion de parcours. Pour cela, il faut une évaluation sur chaque programme de formation, avec les organismes concernés.

Où en êtes-vous de la préparation du plan régional ?

- On a récolté l’ensemble des projets existant concernant les institutions : ceux en cours et ceux à mettre en œuvre. Il nous manque encore la participation du plus grand nombre. Je pense - et je ne suis pas la seule - qu’on ne peut pas parler de lutte contre l’illettrisme uniquement au niveau des institutions. Ce n’est pas suffisant.
Cette bataille peut être menée par tout un chacun, où qu’il se trouve. Pour cela, il y a lieu d’élargir les actions, de reconnaître les actions menées sur le terrain par des personnes qui, pour l’instant ne sont pas encore intégrées.
On y travaille... Cela prend un peu de temps, mais il est préférable d’aller vers une action de qualité, plutôt que de se précipiter. Il faut surtout faire en sorte qu’une action de cette nature se mette en œuvre à tous les niveaux.

Quand vous dites, “le plus grand nombre”, à qui ou quoi pensez-vous ?

- À côté des institutions, il peut y avoir des associations ou des particuliers. Cela peut être la politique de la ville : des moyens financiers sont avancés, il faut suivre ensuite ce qui est fait derrière. Dans mon idée, cela signifie : conscientiser tout un chacun là où il se trouve et voir comment, ensemble, améliorer l’existant. Si vous avez une école d’un côté, des associations de soutien scolaire de l’autre côté : il y a des liens à mettre en place...
L’Illettrisme est certes un problème d’État. C’est aussi un problème sur lequel - comme on le voit pour d’autres problèmes - il convient de se rassembler. Il faut travailler tous dans un même sens. S’il y a des remises en cause à faire, on les fera, mais dans un esprit de réel partenariat, avec des critiques constructives là où elles seront nécessaires.

Propos recueillis par P. David


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