Colloque “L’intégration/exclusion des minorités à la lumière de l’interculturalité”

Comprendre les mécanismes de l’exclusion

28 mai 2009, par Sophie Périabe

Durant 2 jours, l’Université de La Réunion s’est ouverte aux associations lors du colloque consacré à “L’intégration/exclusion des minorités à la lumière de l’interculturalité”. Il s’agissait pour les participants d’avoir une perspective historique mondiale de l’exclusion, « des véritables trafics humains qui se sont déroulés en Afrique et en Amérique ».

Une quarantaine de personnes ont participé aux débats qui se sont déroulés mardi sur le campus du Moufia et hier au campus Sud. Cette première partie du colloque était consacrée à la région Océan Indien, la deuxième partie du colloque sur, cette fois, les Amériques se déroulera au cours du second semestre 2009.
« Au départ, l’objectif est d’analyser le phénomène d’exclusion. Comment un individu ou des groupes sont exclus ? », explique Olivier Hutin, un animateur du colloque. Et souvent, c’est la peur qui est au centre de cette question. En effet, la peur de l’autre, la peur de l’inconnu peut être un facteur d’exclusion. C’est pour cela qu’il est important « de comprendre les mécanismes, dès lors, on a moins peur et cela évite certaines réactions », souligne Olivier Hutin.
La question des différentes ethnies a également été abordée : « doit-on voir le monde à travers les ethnies ? L’exemple de l’Ile Maurice, invitée au colloque, peut donner certaines explications », poursuit Olivier Hutin.

Il est essentiel de valoriser la langue créole

Erick Murin, président du CRAN Réunion (Conseil Représentatif des Associations Noires), est intervenu hier sur la place du kaf dans le domaine économique, social et politique. « Si on vit dans une société où on vit son interculturalité pleinement, comment se fait-il qu’il y ait autant d’inégalités ? », demande-t-il.
Et ces inégalités augmentent. Aujourd’hui encore, le kaf se fixe des barrières ; le poids de l’Histoire est-il encore trop lourd ? « Aujourd’hui on peut dire que chacun a les moyens de se mettre en avant ». Erick Murin préconise donc une véritable politique volontariste pour un rééquilibrage des peuples. « Il faut que nous arrivons à mettre des supports pédagogiques et historiques pour expliquer à la population que chacun comprenne son histoire, mais il faut les mettre dans des lieux d’éducation ».
D’autre part, il est essentiel de valoriser la langue créole dans les espaces politiques et institutionnels. « Cela ne règlera pas tout mais ce sera déjà un début, donner au kaf une meilleure visibilité, lui donner une place ». Aujourd’hui encore, il reste important de valoriser le groupe kaf.
La lutte contre la discrimination des femmes sud-africaines, l’éradication de la misère sont autant de thèmes qui ont été abordés durant cette dernière journée. Le colloque s’est clôturé par des débats sur un sujet qui a déchaîné les passions dernièrement : la question des statistiques ethniques.
Rendez-vous dans quelques mois pour la seconde partie du colloque, consacrée aux Amériques.

 SP  


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