Culture et identité

Conférences sur les exilés de l’Ordonnance Debré

Avec Danielle Barret et Luniversité Maron

Témoignages.re / 1er mars 2019

Avec Luniversité Maron, Danielle Barret tiendra trois conférences au mois de mars sur le thème : « Faire connaitre l’histoire des 13 exilés de l’ordonnance « Debré » du 15 octobre 1960 : un acte de mémoire pour enrichir notre histoirecollective et une inspiration pour notre avenir ». Voici la présentation de ces conférences par Luniversité Maron.

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Conçue, dans le contexte de la guerre d’Algérie, par le premier ministre de l’époque, Michel Debré, l’ordonnance du 15 octobre 1960 autorisait les pouvoirs publics à « rappeler d’office en métropole des fonctionnaires dont le comportement est de nature à troubler l’ordre public ».
Elle aura permis aux préfets d’affecter en France métropolitaine au début septembre 1961, 13 fonctionnaires antillais et 13 fonctionnaires de la Réunion.

Dénoncée, principalement par le PCR comme une « manifestation du droit colonial » - mais aussi par le Comité du Progrès et par le Président du Conseil Général Roger Payet, comme une mesure arbitraire, et une atteinte à la liberté d’opinion, cette ordonnance ne sera finalement abrogée que le 10 octobre 1972 par le Parlement suite à une grève de la faim initiée en janvier 72 par 5 fonctionnaires réunionnais (et 3 fonctionnaires antillais)…
A l’occasion de la publication de deux livres aux Editions Orphie (« Les exilés de l’ordonnance du 15 octobre 1960. Histoire d’une tragédie post-coloniale » de Monique Payet-Le Toullec, 2018 ; Le cahier de Nelly, par Nelly Barret, 2018), trois conférences ont été organisées il y a 5 mois, à la Mairie de St-Denis (28 sept), à la Médiathèque de St-Pierre (2 oct) et au cinéma du Port (4 oct) par un collectif animé par Danielle Barret.
Le succès de ces manifestations ont démontré l’absolue nécessité de faire connaître aux Réunionnais cette dimension oubliée de leur passé récent. Treize hommes et femmes ont perdu leur liberté de mouvement en raison de leurs idées de justice sociale, de solidarité et de liberté. Avec leur départ forcé, un silence de plomb s’est installé à La Réunion marquant durablement les esprits par la peur et l’irresponsabilité.

A l’issue d’une présentation de l’histoire des exilés inscrite dans la décennie 1960 -1972, nous débattrons avec Danielle Barret et d’autres témoins présents, autour de la thématique « Mémoire et Histoire, pour mieux servir le présent et l’avenir ». Car une société amnésique est une entité sans repères et sans valeurs.

- le samedi 2 mars à la Varangue, au 21 rue Emile Grimaud, Sainte-Clotilde de 9h30 à 12h.

-  le samedi 9 mars chez Nature & Péi, 36, rue Marius et Ary Leblond, Saint-Pierre de 9h à 12h. (avec possibilité de déjeuner sur place)

-  le samedi 16 mars à la Ferme équestre du Grand-Etang, à Saint-Benoît de 9h30 à 12h.

Entrée libre et gratuite.


Danielle Barret (fille de Gervais et Nelly Barret, exilés de « l’Ordonnance Debré »)

Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure (Fontenay aux roses), agrégée de l’université et docteur en histoire (Université de Paris VII), Danielle Barret a mené une carrière dans les ministères de la Recherche, de l’Éducation nationale et des Affaires étrangères à Paris et en poste à l’étranger, en charge de coopération internationale et de gestion, politique et évaluation de la recherche.



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  • L’objectif de cette ordonnance était de museler l’opposition. Parallèlement, elle a aussi supprimé toute initiative des fonctionnaires qui voulaient s’investir au delà de leur emploi pour l’intérêt général, notamment à l’époque pour les plus démunis. Cette ordonnance était un crime contre le développement humain et sociale de notre ile. Elle a détruit des familles et leurs projets . Elle a détruit les rêves des enfants de ces fonctionnaires, victimes de la connerie politique d’un égocentrique. Actuellement, les héritiers de cette injustice nous donnent une leçon de courage et de force en nous montrant que malgré cela, ils ont réussi à surmonter la haine. Moi, j’ai toujours la haine pour ce Mac Debré....pour plusieurs raisons notamment à cause de ses interventions à la télévision qui duraient des heures. Dans les années 70, il n’y avait qu’une chaine à la TV .Très peu de familles en possédait une. Donc tous les enfants du quartier se rendaient le soir chez une voisine pour regarder Zorro. Nous étions plus d’une quinzaine, assis dans l’escalier...et on attendait la fin d’un bourrage de crâne initié par M Debré dans un discours interminable. Gamin, j’avais la haine et j’ai toujours la haine lorsque plus tard je me rends compte que ce kitabouète a été mis à l’honneur par des Ultras. Un gymnase porte son nom. Une cité porte son nom...j’ai toujours la rage.

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  • Sylvie BARRET, Clélie GAMALEYA, Gervais BARRET, Max RIVIERE, Roland ROBERT des noms qui résonnent en moi lors de mes premières années à PARIS. 1963 . Agé de 20 ans arrivé en FRANCE en septembre 1961 je voulais entendre parler ma langue maternelle. Je voulais rencontrer des Réunionnaises et des Réunionnais. Une adresse : 94 rue Jean Pierre TIMBAUD dans le 11 e à PARIS Salle des métallurgiste C.G.T..
    C’est là que je rencontrais Sylvie, Clélie, Gervais, Max, Roland . Tous les samedis après midi c’était la rencontre informelle avec ces Compatriotes Un exposé et puis notre bal Kréol. . J’ai appris ce pourquoi elles, ils ont été "expulsées, expulsés " de leur terre natale. Moi qui venait de découvrir que la FRANCE était le pays de la liberté ...je ne comprenais pas. Ces femmes et ces hommes ont créé l’ association U.G.T.R.F. ( Union Générale des Travailleurs Réunionnais en FRANCE ) Comme j’étais un travailleur ma place était dans cette association. Ainsi de samedi à samedi je les écoutais, je m’empreignais de leur force et courage. C’est en leur compagnie que j’ai rencontré Paul VERGES. et je suis devenu un militant de la "cause humaine" ; J’ai été présent pendant de longues années dans notre communauté Kréol dans la région parisienne. C’est leur enseignement , leur courage, leur volonté de combattre l’injustice qui ont fait de moi ce que je suis.
    Ce qui me frappe c’est cette concordance entre l’application inhumaine de cette ordonnance DEBRE , la création du BUMIDOM, la "déportation de ces enfants de la Creuse" et cette déportation de milliers de jeunes filles et hommes vers la FRANCE.
    J’ai le sentiment que tout était organisé programmé et qu’il fallait que ce gouvernement frappe "fort".

    Je me permets de vous recommander ce livre :"Combat des Réunionnais pour la LIBERTE" d’Eugène ROUSSE au édition CNH

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