APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Christian Kichenapanaïdou du Groupe de recherches sur l’Archéologie et l’Histoire de la Terre Réunionnaise (G.R.A.H.TER)
8 février 2010

Christian Kichenapanaïdou du Groupe de recherches sur l’Archéologie et l’Histoire de la Terre Réunionnaise (G.R.A.H.TER) faisait partie des quelque trois cents Réunionnais qui participaient à Pondichéry 201O, étape indienne de la Route de l’Esclave et de l’Engagé initié par l’UNESCO et le responsable de la chaire à La Réunion, Sudel Fuma. Impressions de voyage…
Quelle a été votre première impression, le 22 janvier 2010, lors de l’inauguration de la stèle dans le cadre du "jardin de la Mémoire", à Pondichéry ?
— Je remercie le bureau du G.R.A.H.TER de m’avoir désigné pour représenter l’association, ce 22 janvier 2010, à l’inauguration de la stèle conçue à partir de l’esquisse de l’école des Beaux Arts de La Réunion, le "Jardin de la Mémoire", à l’auditorium de l’université de Pondichéry. C’était mon premier voyage en Inde. Quelle émotion à l’aéroport de Chennaï, lorsque j’ai foulé le sol de mes ancêtres.
Faire partie de cette délégation était un honneur pour moi. Avec des personnalités représentant le Conseil régional, le Conseil général, le Groupe interreligieux, les associations tamoules, les étudiants, les divers intervenants du colloque : historiens, anthropologues, chercheurs, professeurs... de l’Université de La Réunion.
De Chennaï à Pondichéry, ce fut un enchantement pour mes yeux. Tout au long de la route, quel diaporama ! J’ai découvert, à travers les vitres du bus, un musée vivant. Des paillottes en feuilles de coco, des noix de coco séchées au soleil, des tailleurs de pierre réalisant des statues des divinités, des gens travaillant dans les champs... des femmes avec des pioches. Toute cette partie de la côte avait été touchée par le Tsunami. Des plaques de commémoration ont été installées tout au long du trajet.
A quel moment eu lieu l’ouverture du colloque ?
— L’ouverture du colloque eut lieu le 20 janvier 2010 par la présentation des officiels Réunionnais en Inde. Le 21 janvier, avec la participation des tambours sacrés, nous avons fait une marche symbolique sur les pas des engagés, sur le boulevard de Pondichéry où se trouve la statue de Gandhi. Toute la délégation s’est dirigée derrière la statue en se rendant vers la mer avec une fleur à la main. Et là, nous avons senti beaucoup d’émotion, en jetant les fleurs à la mer, surtout en honneur des ancêtres.
C’est sans doute à ce moment précis, que j’ai réalisé la chance que j’avais d’être là, présent, représentant les Réunionnais. Ensuite, nous avons été à l’Institut Français à Pondichéry où était installée une exposition de photos sur les engagés Indiens réalisée avec la participation du Musée de Villèle et des photos du G.R.A.H.TER (Jean-Régis Ramsamy et les Archives départementales de La Réunion), à partir des coffrets lumière.
Après les discours des officiels, nous avons assisté à un spectacle des Tambours sacrés de La Réunion et de ceux de Pondichéry.
Pourquoi le 27 janvier 2010 a été le moment le plus important ? Est-ce par la présence du Groupe interreligieux ?
— Sans aucun doute. Après la présentation des officiels et les discours, une prière, pour chaque communauté, a été dite par les membres du Groupe interreligieux : un prêtre catholique, un musulman, un swami. Le voile qui recouvrait la stèle a été enlevé aux accents de la musique des tambours sacrés. Elle représente l’avant d’un bateau, en bois et en marbre. Les officiels ont jeté des fleurs sur la stèle. Sur les quatre plaques, installées autour de la stèle, sont gravées en tamoul, en anglais, en français et en créole : "Route des travailleurs Indiens". Ce fut un moment d’intense émotion pour toutes les délégations, dont celle de La Réunion, d’être présentes à la commémoration des liens historiques unissant l’Inde du Sud à leur pays.
En conclusion, ce fut une semaine chargée d’émotion ?
— Cette semaine fut pour moi, une semaine de découverte d’un grand pays et j’ai ressenti bien des émotions que je ne pourrais oublier.
Je remercie le G.R.A.H.TER de m’avoir permis de faire ce voyage de rencontre et de partage. Je remercie l’Organisation globale du peuple indien d’origine (GOPIO) pour toute cette organisation, cet énorme travail.
Ce voyage culturel et d’échanges donne un sens à une relation durable entre l’Inde et La Réunion. Pour l’honneur des anciens et surtout pour l’avenir de nos jeunes. Connaître son passé pour mieux avancer dans l’avenir.
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