“Fé pa lo tour la tab... la pa bon”

Contons les histoires de sorciers

12 septembre 2006

Première représentation, ce samedi 16 septembre au Théâtre sous les Arbres, de ce conte de Jean-Bernard Ifanohiza.

Le conteur réunionnais Jean-Bernard Ifanohiza continue pour les Contes les Calumets la collecte du patrimoine orale de l’île. Avec “Fé pa lo tour la tab... la pa bon”, sa toute nouvelle création, il raconte, puisque c’est son métier, des histoires. Mais pas n’importe lesquelles ! Principalement, les plus terrifiantes étaient relatées à la lueur de la lampe pétrole ou de la bougie par les grands-pères et les grands-mères. Et après, lorsque l’on se mettait au lit, on se couvrait de la tête aux pieds, et au moindre petit bruit, on se réveillait la peur au ventre. Le lendemain, le soir venu, on repensait à tout ce qui a été dit la veille.

"Zistwar momon èk papa"

En une année, Jean-Bernard Ifanohiza a œuvré à cette nouvelle création qui sera présentée ce samedi 16 septembre au Théâtre sous les Arbres au Port. Des "zistwar de ma tante, de papa, de momon", des histoires qu’aujourd’hui on cache bien de transmettre aux enfants de cette nouvelle génération. "Kan de moun i antand kozé safèr sorcier, i di : sa... la di la fé ! Mé kan i ariv ali, i di : sa lé vré ! Domaz ké la ariv amoin, ké la pa ariv in ot...!". Il parlera du sorcier, un personnage à qui l’on demande la réalisation de souhaits plus ou moins louables. Ce nouveau conte marie croyances populaires, magie et était interdit notamment de l’église catholique à une époque. Par exemple, le fidèle devait s’abstenir de viande rouge le jour de la Toussaint.

À Jean-Bernard Ifanohiza, son père lui a dit de ne pas manger de viande de tortue. Cet interdit lui a été transmis par son père. Aujourd’hui, Jean-Bernard Ifanohiza l’a signalé à son fils. Selon la légende : pour mettre fin à une famine, on cuit des tortues, mais elles ne mijotent pas. Jean-Bernard Ifanohiza, avec “Fé pa lo tour la tab... la pa bon”, dessine avec ses émotions la société d’aujourd’hui où le bien et le mal s’opposent. Il ne demande pas au public de la croire, mais de regarder attentivement ce qui se passe autour de lui. Cette idée de conte lui est venue à l’esprit lorsqu’il discutait avec sa mère des choses du passé. Une fois de plus, l’artiste se laisse guider pas son intuition.

J.-F. N.


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