Les invitations du Séchoir

Créer l’occasion culturelle

10 septembre 2008

“Marrye me”, c’était samedi soir, la première soirée de la nouvelle saison culturelle du Séchoir. Mais d’autres noces se préparent avec une certaine Jozi... Mais la danse ne fait que commencer... Vous ne connaissez pas encore cette musique ? Alban Corbier Labasse feuillette la programmation à venir du Séchoir. Le petit livret blanc renferme toutes les invitations à venir jusqu’à la fin de l’année.

Alban Corbier-Labasse : « Nous faisons le grand écart au niveau musical. On va du dub electro brain damage à la musique baroque. C’est vraiment très important d’offrir ce grand écart, j’espère que le public ne sera pas décontenancé. Qui n’a pas assisté à un concert de musique baroque dans une église ne peut pas préjuger de cette expérience. C’est un choc esthétique, émotionnel, mélomane ou pas... ».
(photo FL)

Après le vingtième anniversaire de Tempo, qu’avez-vous prévu pour poursuivre l’année ?

Alban Corbier-Labasse : Un gros temps fort pendant les vacances d’octobre : c’est l’aboutissement d’un projet qu’on mène avec l’IFAS (Institut Français d’Afrique du Sud). Un projet d’échange avec Johannesburg où nous avons envoyé un certain nombre d’artistes : Théâtre des Alberts, Thierry Fontaine, Jako Maron et Automat... L’histoire du Séchoir est ancienne avec l’Afrique du Sud. Zong a enregistré son deuxième album là-bas... Valérie Berger a noué elle aussi des liens avec ce pays... L’aboutissement, c’est ce retour d’artiste sud-africain.

Vous axez aussi votre programmation sur la danse. D’où vient cet attrait pour la danse ? Est-ce que cela veut dire qu’il y a une forte demande ?

- La danse est un autre aspect important, avec trois créations réunionnaises. On a fait le constat que sur le territoire, peu de structures, sinon la salle Guy Alphonsine à Saint-André, diffusent de la danse et accompagnent les danseurs. Or, depuis plusieurs années, il y a un public pour la danse qui a été constitué petit à petit par le travail du Séchoir (le festival de danse SDF), du Centre de Rayonnement Régional, par le travail des chorégraphes eux-mêmes. Le festival de danse de Saint-Denis a rencontré son public.

« Une discipline à l’écoute de toutes les autres disciplines »

On le voit par le travail des chorégraphes, la danse aborde des artistes qui ont des pratiques d’autres champs : le texte, le théâtre, la musique... Ce ne sont plus des propositions de danse très formelles, ce sont des spectacles qui décloisonnent les disciplines et il y a un public plus large qui s’y retrouve. C’est parce qu’il y a un musicien présent sur le plateau, ou par le théâtre, que la danse a été découverte. C’est une discipline à l’écoute des autres disciplines. C’est ça qui fait qu’elle gagne du terrain.
Je ne suis pas convaincu que la danse se soit tellement popularisée, elle a aussi ces codes et nécessite des fréquentations. Il faut qu’on fortifie l’offre. Donner à voir le plus possible parce que tant qu’on ne montre pas ces choses-là, le grand public a peu de chance d’y aller spontanément. C’est une nécessité pour le territoire.

En tant que directeur du Séchoir, quel est votre premier objectif ?

- La Réunion est en phase de croissance, il y a maintenant des équipements structurés, des professionnels qui travaillent ensemble. Ce qui m’importe beaucoup, c’est de continuer à développer le public et à favoriser et stimuler les pratiques de sortie culturelle. C’est faire en sorte que les gens aillent spontanément au spectacle, ça reste encore à améliorer.

Inciter à sortir

C’est pour cela que nous avons voulu une communication chaleureuse, aguicheuse, sympathique, pétillante. Pour donner envie de sortir le soir, jusqu’à ce que le public, spontanément, cherche l’actualité culturelle dans la semaine, que s’installe une vrai dynamique. Il faut impulser cet automatisme dans les pratiques de sortie. Les spectacles vivants y gagneraient beaucoup, en légitimité, en force.
C’est aussi pour cela que nous présentons des expositions parce qu’au niveau des arts visuels, il est important que les gens voient des images, c’est aussi quelque chose qui est en progression à La Réunion et sous-dimensionné. Les propositions, pour être confrontées à des images de création, à des esthétiques de visuels forts, sont peu nombreuses.
Dans ce que nous proposons, il manque un peu de théâtre. Mais les Bambous, le Théâtre du Grand Marché œuvrent déjà beaucoup dans ce domaine. Nous essayons de promouvoir les propositions alternatives de contes, de spoken words, car nous restons très attachés au texte.

Francky Lauret


Nota bene
La salle du Séchoir a profité de sa fermeture de juillet-août pour changer, avec le soutien de la municipalité, l’ensemble des sièges, 180 à 200 places, enlever les sièges en bois pour mettre de vrais fauteuils.


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Témoignages - 82e année


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