Culture et identité

« Cultures et développements : pour une réflexion endogène sur le devenir de nos pays »

Très belle ouverture du Colloque Inter-CCEE 2019 à La Réunion

LB / 23 octobre 2019

Ce mardi 22 octobre au Moca (Montgaillard à Saint-Denis) s’est déroulée la première des quatre journées du colloque organisé par le Conseil de la Culture, de l’Éducation et de l’Environnement (CCEE) de La Réunion, avec des représentants de ces instances consultatives des autres Départements d’Outre-Mer. Un colloque placé sous le mot d’ordre « Pou mazine in domin, nout kiltir, zarboutan nout péi » (en créole réunionnais) afin de tisser des liens entre la promotion de nos cultures spécifiques et un développement durable de nos pays.

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Les organisateurs réunionnais de ce colloque et les représentants des autres CCEE des Outre-mer comme du CESE de Paris.

Roger Ramchetty, président du CCEE de La Réunion a ouvert ce colloque en accueillant chaleureusement ses collègues de Guadeloupe, de Guyane et de Mayotte, en excusant ceux de Martinique ayant eu un empêchement, et en félicitant le nombreux public de militants culturels réunionnais qui se sont mobilisés pour participer à cet événement . Il a également souligné « la place primordiale de la culture pour construire notre société, où l’écart continue d’augmenter entre les plus riches et les plus pauvres ; il faut donc une mobilisation de tous nos compatriotes pour une société égalitaire, un développement endogène et un avenir commun ».
Durant la journée, ont notamment pris la parole des représentants des CCEE de Guadeloupe (Lucette Vairac et Raymond Otto), de Mayotte (Arichaf Bacar) et de Guyane (Jean-Pierre Bacot). Ces intervenants ont parlé avec beaucoup de pertinence des situations spécifiques de leur pays et des solutions pour relever ces défis.
Pour La Réunion, c’est d’abord l’écrivain Edmond René Lauret qui a pris la parole en tant que « grand témoin de l’ensemble de ces rencontres des territoires ultra-marins ». Son intervention était notamment marquée par la présentation de son livre ‘’Le dernier Kréol’’ qui vient de paraître aux éditions du Boucan et qui a déjà connu un grand succès.
Il a fait part de ses réflexions « sur les questions de développement et sur les leviers à mobiliser pour le réussir sur la base de la richesse multiculturelle de La Réunion ».
Cette journée a été marquée par la grande qualité des diverses interventions et également par celles des échanges très constructifs avec le public, qui a eu largement le droit à la parole.

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Un des 20 panneaux de la belle exposition consacrée à Daniel Honoré.

À noter également l’intervention très intéressante de Isabelle Biaux-Altmann, représentante du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) de Paris, qui a voté le 25 juin dernier en faveur d’un rapport intitulé : « Valorisons les langues des Outre-mer pour une meilleure cohésion sociale ». Cette notaire de l’île Saint-Martin, représentante du groupe de l’Outre-mer au CESE, a expliqué avec force que « nous devons tous prendre conscience de l’importance de cultiver le multilinguisme, qui est un atout humain considérable ».
Autre temps fort de cette journée : le vernissage de « l’exposition consacrée à Daniel Honoré, un Réunionnais (1939 – 2018) zarboutan nout kiltir », en présence de son épouse, Monique, qui a tenu des propos très émouvants sur l’œuvre de ce grand militant. Et Roger Ramchetty a exprimé le souhait que cette exposition puisse être diffusée dans tout le pays car « en 20 panneaux sont retracés la vie, l’œuvre et les engagements et tout ce qui fit de Daniel Honoré ce grand humaniste, cet homme aux talents multiformes d’écrivain, de conteur, de poète, et aux engagements nombreux tant au service de la culture, de la langue créole que du pays ».
Ce colloque se poursuit ce mercredi 23 octobre par de nouveaux échanges sur le thème « Cultures et développements : pour une réflexion endogène sur le devenir de nos pays », puis jeudi avec des visites de terrain réservées aux délégations, et enfin vendredi avec les dernières contributions au débat, dont celle de Edmond René Lauret.

L.B.