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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Faïza Timol, petite fille du Goujrate
14 août 2006

Témoignages : Je sais que tu as en projet un documentaire sur ta grand-mère qui retourne en Inde. Où en es-tu dans ce projet ? En es-tu encore à la phase de conception ? As-tu entamé la réalisation ? As-tu un planning ?
- Faïza Timol : Je suis allée pour la première fois en Inde avec ma grand-mère, Fatma Panchbaya, en décembre 2003. Elle retournait pour la première fois dans son village natal après l’avoir quitté il y a 50 ans avec ses parents. C est donc avec elle, ma mère et une tante que j’ai découvert le petit village de Tadgeswhar dans le Goujrate, Nord-Ouest de l’Inde. J’ai tourné des images et j’ai fait un 6 minutes pour Antenne Réunion dans un magazine qui s’appelait "Moi je suis petite fille du Goujrate".
Par la suite, j’ai eu envie de faire un documentaire de 52 minutes sur ce parcours de femme qui quitte un pays pour un autre (La Réunion) et qui au fil du temps trouve sa place dans la société réunionnaise et se sent Réunionnaise. J’en suis à l’écriture du dossier artistique pour une demande d’aide à l’écriture auprès de la Région. J’aimerais retourner en Inde avec ma grand-mère pour faire d’autres images avec plus de moyens, un cameraman, un preneur de son... Il y aurait plusieurs parties dans le documentaire : l’avant départ, les premières émotions en revoyant le village, la vie a La Réunion et la distance qui sépare ma grand-mère des femmes du village...
Peux-tu me parler davantage de ta grand-mère ? M’expliquer ce qui t’intéresse dans ce sujet ?
- Ma grand-mère habite au Tampon, elle est arrivée a La Réunion très jeune et s’est mariée avec un Indo-musulman. Elle ne parlait pas un mot de français et a très vite appris le créole. Elle travaillait avec mon grand-père dans un commerce de vêtements pour enfants au Tampon et élevait ses enfants en respectant les traditions musulmanes. Elle leur a appris le gujrati, langue indienne et la cuisine était un mélange de plats traditionnels indiens et réunionnais.
Ce sujet m’intéresse car il s’inscrit dans une série de questionnements que j’ai sur les origines, la culture, la religion, la place de la femme. Comment se sentir indienne, réunionnaise ? Quelle femme serait ma grand-mère aujourd’hui et quelles femmes serions-nous mes sœurs, ma mère et moi si ma famille n’avait pas quitté l’Inde ? Toutes ses questions me tiennent à cœur.
Se sent-elle davantage indienne que réunionnaise ?
- Je pense qu’avant ce voyage elle se sentait davantage indienne car elle avait en tête des souvenirs et un passe lié à l’Inde et depuis décembre 2003, elle s’est rendue compte de son statut de femme réunionnaise, libre, et dont la vie est plus aisée qu’en Inde. De plus, c’est à La Réunion que sont nés ses enfants, qu’ils ont grandi... Elle se sent plus réunionnaise aujourd’hui je pense.
Vers quel producteur t’es-tu tournée ? Quel soutien as-tu reçu dans ta démarche ?
- Pour l’instant j’en suis au début sur ce projet de documentaire, je n’ai pas encore pris contact avec des réalisateurs.
Qu’est ce qui est le plus difficile dans ton projet ? Quels sont les freins que tu rencontres ?
- Le plus difficile a été d’écrire le projet car j’avais également beaucoup de questionnements sur ce sujet et il m’est très proche. Autrement, comme je suis au début du projet, je n’ai pas d’autres difficultés pour le moment.
Je sais aussi que tu es journaliste télé pour Antenne Réunion. Quel est ton parcours ?
- J’ai fait une maîtrise d’histoire à Paris VII, j’ai fait un DESS Communication option Image. C’est là que j’ai rencontré l’art du documentaire. Cette même année, j’ai commencé à être pigiste pour Antenne Réunion et depuis septembre 2006, je suis professeur de Lettres et d’Histoire en Lycée professionnel.
Franky Lauret
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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