Sakifo

Dan la kour Mao

4 août 2007

Tout festival a son festival off, son coin réservé aux artistes non programmés, mais aussi un lieu de partage avec ceux qui occupent les scènes du Sakifo. Certains le voyaient à Art Sénik, prédestiné pour accueillir un off. Mais c’est chez Mao que ça se passe ...

Des œuvres, des objets lontan, une cuisine au feu de bois, un jardin typique, une scène, certes petite, mais fort agréable... tout cela à visiter dans la convivialité.

Depuis le début de Sakifo, voilà quatre ans, Mao s’exécute pour faire de sa petite kour, un lieu artistique. Des œuvres, des objets lontan, une cuisine au feu de bois, un jardin typique, tout cela à visiter dans la convivialité. Et puis une scène, certes petite, mais fort agréable, où se sont produits les jeunes maloyèr du Port, Verzonroot’s, Tumi and the volume, Jala, Ziskakan. Hier soir, c’était la soirée malgache, notamment en présence de Tiana. Voilà, vous comprenez ! C’est un petit monde, tous bercés par les sonorités de la planète Musique. C’est une ambiance à part, et pourtant inscrite dans le festival Sakifo. Mao, c’est celui qui court partout, affairé par ici, par là. Mais attention, il ouvre son lieu pour découvrir la musique, l’artisanat réunionnais, l’art culinaire réunionnais, dans l’esprit “Live” et bœuf entre artistes. Placé juste à côté de la scène Massalé, les festivaliers peuvent profiter d’un concert gratuit, le temps du déjeuner. Mais chez Mao, l’ambiance est nocturne plus que diurne. Ce ne sont pas ceux qui ont vu le concert que donnait Gilbert Pounia et ses dalons de Ziskakan qui vont dire le contraire. Lanbianss mounoir !

Fonnkèr à volonté

Kabar maloya, kabar fonnkèr, kabar world music. C’est l’esprit que l’on aime retrouver chez Mao. Lors du concert de Jala, on n’entendait pas seulement la voix du fonnkézèr du groupe. Aux côtés de Babou B’Jalah, Teddy Gangama-Iafare lance un rappel, sur le respect d’une partie intégrante de l’histoire réunionnaise. 20 désanm est fête réunionnaise, mais l’authenticité est-elle encore là ? Le poète appelle à un peu plus de considération pour un événement qui devient de plus en plus ouaté dans le haut standing, alors que l’on commémore la liberté pour un peuple opprimé. Sakifo, c’est aussi ce moment de “kozman”, où l’on scande les textes d’Alain Peters à chaque début de concert sur la scène Sakifo. Chez Mao, les poètes prennent même leur café. Les musiciens accordent leurs instruments, devant des festivaliers gourmands de compositions forcément festivalières. En tout cas, à retrouver demain midi chez Mao : Funkézèr, avec Teddy Gangama-Iafare, responsable de la rédaction de la revue Nout Lang. Peut-être avez-vous eu la chance de prendre le spleen de Lao ? Fonnkèr à volonté !

Concert à 8 euros

On ne le saluera jamais assez. Mao est une figure de Saint-Leu. Il fait bouger les choses à sa façon. D’autres espéraient voir ce off s’installer près des installations plastiques d’Art Sénik, à la Ravine des Sables, question de dépayser les artistes internationaux. Mais tout compte fait, ce n’est pas plus mal que ce lieu de off se déroule près du festival. Le prix d’entrée est placé volontairement bas, pour que tous les portefeuilles y trouvent leur compte. A 8 euros l’entrée pour voir des groupes locaux, ça ne s’appelle pas de l’abus caractérisé. Alors, vous savez ce qui vous reste à faire. Profitez de cet espace relaxant, artisanal, culturel, culinaire. Le bon esprit, quoi !

J.T.


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