Cinéma : « Les mariés de l’Ile Bourbon »

Dans la dernière ligne droite

7 décembre 2006

Depuis le 23 octobre, une centaine de personnes sont occupées à tourner sous la direction de la réalisatrice Euzhan Palcy une fiction (2x 90 min.) sur les débuts du peuplement de La Réunion : des débuts du métissage aux débuts de l’esclavage, Les mariés de l’Ile Bourbon raconte la vie tumultueuse et passionnée des premiers colons...

Samedi 2 décembre, à Villèle, plusieurs dizaines d’acteurs et de figurants occupent en costumes d’époque la pelouse du Musée historique sous un soleil implacable. C’est le 33e jour de tournage et la scène répétée est l’une des dernières de l’histoire : une scène au tribunal - un tribunal à Saint-Louis, sous un pied de flamboyant - avec coup de feu et mort tragique... On ne vous en dira pas plus : la fiction, commande de France 3 à la société de production Elixene Film, sera probablement diffusée dans le 1er semestre 2007 sur le petit écran.
L’histoire écrite par Jacqueline Cauet et Euzhan Palcy s’inspire de la vie des premières femmes envoyées par la Couronne pour peupler l’île Bourbon.
À partir du récit d’une femme de maintenant, le spectateur remonte le temps pour suivre Alix (dont le personnage est fortement inspiré de celui de Françoise Chatelain), Marie et tant de femmes malgaches dont le destin s’est noué sur ce bout de volcan, entre 1660 et 1690 environ. L’histoire prend fin quand l‘organisation de la traite esclavagiste se met en place.
Très documenté, le film n’est pas pour autant une reconstitution historique jusqu’au moindre détail. Les scénaristes, venues une première fois en 2004, ont plus cherché à capter une ambiance, des références, sans plus.
C’est une fiction, à laquelle est associé Jim Damour, réalisateur réunionnais (ICR) comme producteur exécutif, aux côtés d’Exilène films.
En tant que chargé du suivi technique du tournage, Jim Damour est en première ligne, ce samedi, quand une équipe d’ingénieurs du son, arrivée à 6h près de la chapelle de Bethléem, pour préparer les repérages du tournage du lundi matin, découvre l’incendie de ce qui devait être leur décor pendant trois jours de tournage, en intérieur et en extérieur.
« On a pu maintenir deux jours en extérieur »
dira Jim Damour mercredi soir. Mais la charpente de l’édifice a été trop attaquée par les flammes et il faudra trouver un autre décor pour les scènes d’intérieur. « Peut-être un décor reconstitué dans une partie d’une aile de l’Eglise des Colimaçons » poursuit le producteur.
À côté de lui, Jean-Michel Delacroix, directeur de production, doit faire une gymnastique mentale épuisante pour que cet aléa désagréable ne se traduise pas par d’importantes pertes financières. Il reste deux fois six jours de tournage, jusqu’au 16 décembre. « Avec les quelques samedis où on a tourné, cela fera 45 jours » récapitule-t-il.
Ce samedi, plusieurs dizaines de figurants et silhouettes sont sur le pied de guerre. Ils font le public du tribunal, témoins chahuteurs et versatiles de la fin tragique de Blampin. Parmi eux, Pascal Desrosiers - l’un des pirates de “Vendredi...”, avec Célin Pothin et Sully Dorval. Tous trois sont à nouveaux réunis dans un rôle de colons ... à la mine de pirate. Heureux de voir se prolonger un début de carrière cinématographique.
Après tout, les efforts de la Région pour faire de l’île “une terre de tournage” trouvent avec eux un exemple des métiers à développer sur l’île. De nombreux figurants - 50 à 60 sur ce tournage, ont été recrutés sur place. Ainsi que quelques techniciens - script assistant, cadreur...
Jean-Michel Delacroix acquiesce : « Le système (des aides régionales - Ndlr) fonctionne plutôt bien. Il donne l’exemple d’une volonté de développer une activité cinématographique et TV, avec des retombées économiques, culturelles et touristiques... », estime-t-il. En effet, Jim Damour a trouvé sur place bon nombre de techniciens, à l’exception de l’équipe avec laquelle la réalisatrice est habituée à travailler - le chef-opérateur, l’ingénieur du son, l’assistante réalisatrice, la scripte... A cette limite près, le producteur est prêt à parier que « bientôt, il y a des postes qu’on amènera plus ici parce qu’ils seront prêts sur place » ajoute Jean-Michel Delacroix.

P. David


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Témoignages - 82e année


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