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Théâtre d’Azur présente Mussard
15 janvier 2008

Reconstitution d’une ravine sur scène avec le théâtre d’Azur pour suivre la légende du bien tristement célèbre Mussard, le plus connu des chasseurs de “marrons”.
Tout le monde sait que dès le dix-huitième siècle, des esclaves commencent à échapper à leurs maîtres pour se réfugier dans les hauts où ils s’organisent en véritable campement. Mais bien souvent, ils sont obligés de redescendre dans les bas afin de voler des bêtes, des armes ou même des femmes esclaves.
Excédés par ces descentes intempestives, les propriétaires offrent alors de fortes récompenses à qui les débusquera et les tuera. Le plus célèbre de ces chasseurs de marrons fut François Mussard, qui parcoura, infatigable, de long en large l’île pour y exterminer les esclaves en fuite et ramener pour preuve à ses commanditaires la main droite de chaque esclave tué.
Histoire maudite
Toutefois, il est à noter que ses premières expéditions furent à sa seule initiative. Dès 1744, il commencera réellement à être payé pour le faire et organisera avec plusieurs hommes dont il sera le chef des expéditions punitives. Entre 1744 et 1753, soit en une dizaine d’années, il réussit le funèbre exploit de vider les cirques de tous les camps marrons.
Ceux-ci ne peuvent plus s’organiser en grand campement, et sont réduits à des installations provisoires. La Compagnie des Indes le récompensa en 1754 d’un magnifique fusil (exposé au musée de Villèle) ainsi que de deux pistolets à la crosse en argent.
Voici comment Le Théâtre d’Azur plante l’histoire. Quant au décor, il est somptueux, à base d’éléments entièrement naturels, un fond de ravine est reconstitué sur le plateau, bois et bassin de l’eau pour un drame violent où les acteurs apparaissent et réapparaissent comme par magie derrière une roche ou une touffe d’herbes.
Rann mon zoréy Mussard
Pièce violente s’il en est, où l’on voit un jeune homme délirer, devenir fou à force de couper les oreilles des gens. Les âmes des victimes parlent avec lui. En fait c’est peut-être sa propre conscience qui sonne dans sa tête. Plus il s’enfonce dans la folie, plus il se transforme jusqu’à devenir noir. Il entend la voix d’un esclave qui le commande, qui lui demande de rendre les oreilles qu’il lui a coupées. Qui lui demande ses vêtements, son fusil, qui le réduit en figure d’esclave. C’est là qu’il part dans son délire, sa terreur, sa frayeur. Il divague dans la forêt, jusqu’à rencontrer pour de vrai une mauvaise âme. Il perd connaissance. Peut-être deviendra-t-il un homme meilleur.
Thierry Sabary, sur scène, nous raconte cette histoire et devient la mauvaise âme pour une histoire tendue, nerveuse, vive du début jusqu’à la fin. Une pièce créole comme on en voit peu. Avec Olivier Folio dans le rôle-titre.
Francky Lauret
Les 15.18.19.20.21.22.23.28.29 décembre 2007
À 20 heures au théâtre d’Azur tél : 0262.27.65.16
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