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19 septembre 2006

Jusqu’à la fin du mois, une exposition de peinture est ouverte dans les murs du phare de Sainte-Suzanne, tandis que l’Office de Tourisme vous invite à remonter le temps. Oté ! Allons à la découverte d’un site exceptionnel à La Réunion, et par là même, apprécier le travail artistique de talentueux Réunionnais.
L’Office de Tourisme Intercommunal (OTI) est aujourd’hui situé dans les jardins du Phare du Beau Pays. Touristes de passage, Réunionnais férus d’histoire de l’île, amateurs d’art ou encore scolaires y trouveront toute la documentation nécessaire pour mieux connaître Sainte-Suzanne. L’usine de Quartier Français est certes très visitée, mais les gens n’appréhendent pas toute la grandeur de cette ville hautement touristique.
Plusieurs activités nautiques y sont proposées sur le site du Bocage, notamment le kayak. Mais l’œil avisé ne manquera pas d’aller à la rencontre des monuments historiques, comme le phare de Sainte-Suzanne daté de 1845, dernier phare de l’île, un site très connu des Réunionnais (voir encadré) .
Ne sortez de l’OTI que lorsque vous aurez visité La Réunion lontan. Les cartes postales exposées dans l’Office nous ramènent au temps des petites rues pavées, des belles cases créoles dionysiennes, des chapeaux, du casque colonial. Ses iconographies d’époque datent du début du vingtième siècle. À voir absolument avant la fin septembre.
En hommage à Jean-René Lebon
Le phare impressionne, et l’on saisit très humblement toute son importance pour les marins d’antan. On s’imagine alors au temps de la belle époque maritime, les matelots craignant de s’échouer aperçoivent une lumière, désignant les côtes bourbonnaises. Le phare de Sainte-Suzanne. Aujourd’hui, ce sont les artistes qui occupent les lieux. Les gardiens de phare laissent leur place aux peintres. Le monument accueille d’ailleurs des œuvres d’artistes réunionnais. Pour Micheline Lebon, Vice-présidente de l’Union des artistes de La Réunion (UDAR), peintre, "c’est l’occasion de découvrir le travail d’un peintre de la localité décédé depuis peu, le premier peintre de Sainte-Suzanne, le premier aussi à exposer dans le phare. Certains l’ont sûrement rencontré avec son chevalet à Sainte-Suzanne".
Jean-René Lebon peignait depuis l’âge de 15 ans, alors qu’il était à l’APECA. Il a appris la peinture avec un prêtre, et ses œuvres ont été accrochées en Suisse, au Canada, au Québec, en France, à Maurice. Après avoir réuni quelques-unes de ses toiles, sa femme nous montre l’évolution artistique de son mari. Mais Micheline est aussi peintre, et expose en même temps qu’un autre peintre, entre réalisme et impressionnisme. À découvrir absolument dans le phare de Sainte-Suzanne.
Bbj
Le phare de Sainte-Suzanne
Construit en 1844, entré en service en 1846, le phare de Sainte-Suzanne est un monument historique. Il est unique dans l’Océan Indien, seul phare clignotant de la zone, les autres étant à éclats. À l’époque d’une navigation maritime particulièrement importante, il signalait les rochers du “Cousin”, sournois écueil à fleur d’eau. Le seul navigateur à en avoir fait mention est le solitaire Alain Gerbault. Il a cessé de fonctionner en 1984 avec la désertification des routes maritimes de la zone. Cet ancien logement de fonction, avec chambre du personnel et salle des machines... est devenu un lieu d’expositions et de visites.
Dernier de l’île de La Réunion depuis que celui de La Rivière des Galets s’est écroulé au passage d’un cyclone. Il mesure 20,25 mètres et sa hauteur au-dessus de la mer est de 40 mètres. De nombreux gardiens s’y sont succédé. Ils devaient se relever toutes les 4 heures pour remonter le contrepoids permettant de faire tourner la cellule autour de l’ampoule. Ils vérifiaient en même temps le groupe électrogène manuel et tournaient, le cas échéant, la lourde manivelle. Le dernier d’entre eux, M. Baillif a rendu la clé en 1985. Depuis, le phare est automatisé. 12 marches de fer puis 76 marches de bois en spirale mènent au sommet. Mais vous ne pourrez pas y accéder car le phare n’est pas visitable... À la grande déception des promeneurs, car l’endroit est très joli, mais aussi des quatre membres de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine qui font tout pour que celui-ci soit enfin ouvert au public. Mais si vous observez bien, le phare est en réhabilitation. Espérons que les touristes pourront enfin visiter le phare en son entier.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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