Histoire des médias

De 1946 à nos jours : un univers médiatique en transition

5 octobre 2006

“Histoire des médias à La Réunion de 1946 à nos jours” paraît ces jours-ci, édité par “Le Publieur”, édition universitaire. C’est le fruit de plusieurs années de recherches, interviews et compilations menées par Bernard Idelson, ancien journaliste devenu Maître de conférences au Département Info-Com de l’Université de La Réunion.
Ce travail deviendra - est déjà - un ouvrage de référence, de par la quantité des informations recoupées et aussi parce que l’histoire des médias est encore balbutiante à La Réunion et dans l’océan Indien. Le fait qu’il se limite à la période de la mutation de La Réunion en département (puis région européenne ultra-périphérique) laisse à d’autres analystes un très large champ d’investigation pour l’avenir.
Ce n’en est pas moins un ouvrage sérieux, captivant, qui se veut plus analytique que chronologique et privilégiant une approche essentiellement politique et sociologique de l’histoire des médias. Les thèmes autour desquels sont articulées les 4 grandes parties de l’ouvrage, développées en 12 chapitres, sont empruntés pour l’essentiel à l’histoire socio-politique de notre île depuis 1946, et finit sur une ouverture à la région océan Indien avec 2 chapitres sur la presse à Maurice et Madagascar. Ainsi, pendant les "premiers temps de la départementalisation", il est question de "médias sous contrôle" ; puis des années "d’ouverture" et de "libéralisation" ; puis de "régulation" et de "maturation" pour évoquer l’arrivée des chaînes satellitaires et des NTIC.
C’est extrêmement bien documenté, jusqu’au point où ce foisonnement fait apparaître la difficulté d’organiser toute cette histoire autour d’axes pertinents, qui fassent réellement émerger une lecture partagée de l’histoire des médias. Il reste encore beaucoup à faire dans cette voie et c’est tant mieux ! Mais le mérite revient à Bernard Idelson d’avoir ouvert la voie.
Que d’autres écrits se manifestent : cela ne pourrait qu’enrichir les approches proposées, par exemple par une ouverture sur des questionnements économiques. Dans l’analyse de Bernard Idelson, les données structurelles sont présentées incidemment, plus qu’intégrées à une analyse de ce qui fonde la particularité des médias dans le mouvement de globalisation du capitalisme actuel.

P. David


Brèves

o Paroles de femmes
La Compagnie Théâtre Présent, animée par Yamina Hachemi, présente un spectacle originale qui mérite le soutien du public...
Paroles de Femmes est une mise en espace et une restitution publique des interviews réalisées par Mireille Silbernagl auprès des habitantes de Saint-Benoît (lors de la présence de la compagnie Théâtre Temps en mars 2005) et d’ailleurs (Essonne, Indre...). Des témoignages de femmes de 18 à 85 ans d’origine et de conditions sociales diverses. Témoignages sur leur existence... Vivent-elles mieux ou moins bien qu’avant ? Quels sont leurs désirs les plus profonds ? Leurs centres de préoccupation ? Leurs visions du monde ?...
Deux comédiennes, Claire Mirande et Josée Madou, se chargent de cette restitution.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles, au Théâtre des Bambous, ce soir jeudi 5 octobre, à 20 heures 30.


Brèves du Festival du film d’Afrique et des îles

o Matinée “Afrique et îles” au Casino
Aujourd’hui jeudi, la programmation du Casino est créole et africaine. Créole, avec la projection de “Mon île était le monde”, de Jacques Baratier et “San Lazaro, saint guérisseur”, de Laurence Pourchez. Côté Afrique, le public pourra découvrir Ouaga saga de Dani Kouyaté (Burkina-Faso), Goha le simple, film franco-tunisien de Jacques Baratier ; “Un héros”, de Zeze Gamboa et un programme “films courts et un documentaire”, suivi de “Minka”, de Mohamed Camara (Guinée).

o Matinée Afrique australe à la médiathèque
“Sud Afrique et cinéma” est le thème de la matinée d’aujourd’hui, à la médiathèque Benoîte Boulard, avec “Chicken bizness” en ouverture (8h30), un film désopilant de Ntshaweni Wa Luruli, en version originale anglaise ; “Xmas with Granny”, de Dumisani Phakathi, dont un autre documentaire (86 min.), “Lâche moi...,j’ai 51 frères et sœurs” a été accueilli avec beaucoup d’émotion, hier après-midi au Casino. Le même réalisateur sud-africain sera présent ce matin à la médiathèque avec “Waiting for Valdez”, un court-métrage hors sélection officielle. À ne pas manquer également le documentaire court-métrage de Claude Haffner, “D’une fleur double et de quatre mille autres”, projeté en présence de la réalisatrice.

o Soirée Jacques Baratier, et hommage à Marco Polot

Ceux qui auraient manqué “Goha le simple” le matin pourront le voir à 18h30 au Casino, en ouverture d’une soirée d’hommage à “Marco” Polot, militant culturel disparu dans l’année.
À la suite, il ne faut pas manquer “Rien, voilà l’ordre”, dernier né de Jacques Baratier, projeté en présence du réalisateur, qui anime également aujourd’hui une rencontre à la Case Beauséjour sur le thème “l’aventure du cinéma”, à 18h.

o Rencontres a la Case Beauséjour
Improvisé dans la ruelle qui jouxte la Mairie, un chapiteau accueille chaque jour des rencontres-débats avec les invités du Festival. Cet après-midi, à 14h, Jean-Paul Roig et Amirul Arham animeront une rencontre sur le thème “le réel, le documentaire et l’engagement”.
Vendredi, les deux rencontres, à 14h et 18h, seront animées par des femmes. L’écrivain Christine Pic parlera de “Cuba, imaginaire et réel” ; et Christiane Succab-Goldmann, les questions de “vécu et créolité”.


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