Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Tribune libre du GRAHTER
22 janvier 2005

L’Histoire est cette connaissance du passé qui éclaire la compréhension du présent et de l’avenir. Tout progrès ou développement doit respecter les valeurs traditionnelles, qui seules permettront à la culture réunionnaise d’assurer la modernité du troisième millénaire sans perdre son âme.
(Page 7)
Il importe de faire découvrir à la nouvelle génération des témoignages des pionniers de la construction de notre île, exemples précieux de la connaissance du passé, sur lesquels elle a besoin de s’appuyer pour bâtir son avenir.
Le G.R.A.H.TER se doit d’apporter sa pierre dans cette reconnaissance.
Il importe de recueillir les témoignages, les souvenirs, les documents de personnes restées dans l’ombre, à qui on ne donne pas souvent la parole, alors qu’elles ont des choses à dire... pour peu qu’on les sollicite. Je pense à ces gens jamais sous les projecteurs.
Je pense aussi à certaines communautés comme les Chinois ou les Z’arabes, réputés discrets ; à d’autres petites communautés qui sont venues construire l’île (Rodrigais, Piémontais, etc.), qui possèdent certainement des documents d’archives jamais divulgués, et qui, au crépuscule de leur vie, ont droit à un ultime geste de solidarité. Au cours de mes rencontres avec nos anciens, je l’ai plus d’une fois senti.
Il importe aussi de donner davantage la parole aux femmes, trop souvent mises à l’écart. Aujourd’hui plus que jamais, le débat étant ouvert sur la place des femmes dans tous les compartiments de la société, elles nous font prendre la mesure de leur sacrifice à longueur d’années.
L’histoire, le passé, le patrimoine, ce sont les personnes âgées. Mais, pas seulement elles !
Il y a les centenaires, une cinquantaine actuellement dans l’île. On peut les considérer comme les derniers témoins d’un temps révolu. Ils peuvent parler d’une époque que le rythme des changements semble faire remonter aux débuts de l’Histoire réunionnaise. Ils sont les dépositaires authentiques de notre mémoire collective.
Ils ont vécu au temps longtemps qui n’a plus rien à voir avec notre époque et il importe de conserver leur souvenir, de sauver de l’oubli les documents de première main dont ils disposent. Le sauvetage de ces témoignages permettra en quelque sorte de préserver une part essentielle du patrimoine culturel réunionnais.
Aujourd’hui, les dépositaires du passé sont déjà aussi ceux qui ont 80 à 100 ans, qui ont chacun vécu des événements propres.
Leurs témoignages peuvent offrir tout le poids de l’histoire de l’île, car ils ont traversé un siècle d’Histoire (avec les guerres, les privations, les épidémies, les cyclones et autres cataclysmes), la fin des colonies et le début de la départementalisation.
Il y a aussi les collectionneurs, les inventeurs. À part quelques incontournables qu’on sollicite en toutes occasions, tous ne sont pas forcément connus ou reconnus.
Aujourd’hui aussi, de plus en plus, les municipalités participent à la volonté de reconnaissance du passé. Pour donner un exemple récent : remise au goût du jour de fêtes patronales oubliées, qui obtiennent toujours un excellent écho. Chaque commune compte des dizaines de clubs de 3ème âge avec des milliers d’adhérents.
Parmi eux, combien n’ont jamais obtenu la parole ?
Il ne faut pas oublier également que l’Histoire de La Réunion a fait son entrée dans les programmes scolaires.
Les richesses architecturales de notre île n’échappent à personne. Richesses esthétiques, certes, mais aussi et surtout valeurs ethnologiques par le témoignage qu’elles apportent du savoir-faire d’une époque, des traditions, des modes de vie, etc. Le patrimoine architectural participe au patrimoine culturel par excellence...
L’Histoire de La Réunion est aussi émaillée de contes, légendes, sortilèges, mystères, etc., qui mêlent une part de croyances, religions, traditions, etc.
Le filon est inépuisable.
Il est bon d’amener les gens d’un certain âge à rafraîchir leurs mémoires. De la même façon, il est bon d’amener les moins âgés ou les plus jeunes à découvrir la vie passée de leurs aînés.
Bonne et heureuse année 2005 à tous ses lectrices et lecteurs.
Marc Kichenapanaïdou,
président du G.R.A.H.TER
(Groupe de recherches sur l’archéologie et l’histoire de la terre réunionnaise)
Tèl : 0262.24.87.12
Email : [email protected]
Nos peines
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