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Fouilles archéologiques
3 septembre 2010

Maurice au centre des débats quant aux causes attribuées à la disparition du Dodo et d’autres espèces endémiques de l’île. Une équipe composée d’une dizaine de scientifiques pluridisciplinaires était présente à Maurice, plus précisément à Mare aux Songes, du 5 au 22 août afin d’étudier les causes exactes qui auraient entraîné la disparition à grande échelle du Dodo ainsi que plus d’un demi-million d’animaux présents dans cette région de l’île, il y a environ 4.000 ans. Cette équipe était composée entre autres de scientifiques hollandais et britanniques venant de l’Institut de recherche Deltares, du Musée d’Histoire naturelle de Londres, de l’Université IBED d’Amsterdam et du Centre néerlandais de recherche sur la biodiversité, NCB Naturalis. Tous travaillaient en équipe sous la supervision de Kenneth Rijsdijk de NCB Naturalis afin d’étudier l’impact du changement climatique qui aurait créé l’immense tombe collective qu’est Mare aux Songes aujourd’hui.
Cette expédition scientifique a été rendue possible notamment grâce au soutien d’Omnicane qui a fourni le matériel, le support et le personnel nécessaires à ces scientifiques afin qu’ils mènent à bien leurs recherches sur l’île durant ce séjour de deux semaines.
C’est d’ailleurs grâce à la coopération d’Omnicane que ces scientifiques sont parvenus à employer une nouvelle technique de fouilles qui consiste à prélever une parcelle de terre intacte sans déloger les ossements s’y trouvant enfouis. De cette façon, les archéologues ont pu y prélever des os très fins jamais trouvés auparavant. Parmi les autres trouvailles de l’équipe à Mare aux Songes figurent des squelettes de tortues géantes, dont des crânes entiers, des poissons non-répertoriés, des lézards géants et des variétés de chauves-souris désormais introuvables autour du globe.
Le changement climatique à Maurice
Divers instituts de recherche travaillent actuellement ensemble afin de lever le voile sur les facteurs qui auraient entraîné la disparition de tant d’espèces il y a 4.000 ans, créant ainsi le charnier de Mare aux Songes. Les scientifiques ont trouvé dans cette tombe collective les squelettes de plus d’un demi-million d’animaux à un mètre en dessous du niveau terrestre et les vestiges du Dodo ne constituent que 10% de la totalité des squelettes retrouvés. De plus, des insectes, des graines et des restants d’arbres s’y trouvent aussi ensevelis, ce qui représente tout l’écosystème dans lequel vivait le Dodo bien avant l’arrivée de l’homme sur notre île.
L’équipe a de fortes raisons de croire que l’île Maurice a été sujette à une sécheresse drastique survenue il y a 4.000 ans. « Si nous parvenions à acquérir une meilleure connaissance des réactions d’un écosystème insulaire face à de brusques changements climatiques, il serait possible pour les gouvernements futurs d’établir de nouvelles lois et des réglementations afin d’aider à la préservation de la biodiversité », fait ressortir Kenneth Rijsdijk.
Issus de différentes disciplines scientifiques, ces chercheurs ont étudié toutes les pièces du puzzle qui seraient à l’origine du changement climatique soudain survenu à Maurice. Perry de Louw, géohydrologue de Deltares, s’occupait de mesurer le niveau de l’eau dans les régions avoisinantes afin de déterminer les effets d’une sécheresse extrême sur la quantité d’eau disponible dans la région ainsi que sa qualité. Les paléontologues, Julian Hume, du Musée d’Histoire naturelle de Londres, et John de Vos de NCB Naturalis, ont eux continué leurs recherches sur les fossiles de Dodo et ont tenté de recréer l’environnement dans lequel évoluaient le Dodo et d’autres espèces fauniques et florales cohabitant dans cet écosystème avant l’arrivée de l’homme.
L’extinction causée indirectement par l’Homme
Les dernières études révèlent que le Dodo et les autres espèces animales de Mare aux Songes auraient survécu à cette sécheresse d’il y a 4.000 ans. Toutefois, des 23 espèces de vertébrés trouvés à Mare aux Songes, 14 d’entre elles ont disparu lorsque l’Homme a commencé à coloniser notre île. La raison de l’extinction du Dodo ne serait pas due à la consommation de sa chair par l’homme, mais à l’introduction d’animaux friands de ses œufs tels que les rats, les singes et les cochons. Le Dodo est le premier animal répertorié comme ayant probablement disparu à cause de l’Homme et de ses actions.
(Texte et photos de Jonathan David)
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