Décès de l’ancien Ministre et académicien Jean-François Deniau

29 janvier 2007

Les obsèques de l’ancien Ministre et académicien Jean-François Deniau, décédé mercredi à l’âge de 78 ans, se dérouleront ce matin à 11h30 à l’Eglise Saint-Louis des Invalides. Dans le bruit et toute la cohue médiatique, on a oublié que Jean-François Deniau nous a quittés mercredi dernier. Même s’il est vrai que la mort de l’Abbé Pierre aura marqué la semaine, doit-on pour autant passer sous silence la mort d’un homme profondément humaniste ? Jean-François Deniau, même s’il n’était pas à proprement parler proche de mon idéal politique, m’a toujours marqué par sa sincérité, son courage et son amour immodéré de la mer, donc de la vie. Non seulement, il demeurera un exemple politique, mais il était également un grand écrivain et un grand navigateur. Il est un des négociateurs du Traité européen de Rome et il a tenu à bout de bras la construction d’un ensemble européen. Jean-François Deniau voyait l’Europe bien plus comme une entité politique que comme un grand "machin" servant à se faire de l’argent. Le bougre d’homme ne manquait pas de courage. Soigné pour un cancer du poumon, il avait traversé l’Atlantique à bord d’un catamaran en 1995, 3 mois après un triple pontage coronarien. Il avait également subi, en 1997, 3 endoprothèses de l’aorte.
Homme de plume autant qu’homme d’action, Jean-François Deniau était parallèlement chroniqueur au "Figaro" et éditorialiste à l’hebdomadaire "L’Express". Il est l’auteur de nombreux essais, récits et romans, parmi lesquels "L’Europe interdite", "Un héros très discret", "Mémoires de 7 vies" "Les Temps aventureux", "Croire et oser", "Le Bureau des secrets perdus", sur l’affaire Dreyfus, ou encore "Le grand jeu" en 2006.
Député au Parlement européen (1979-1986), Jean-François Deniau a souvent servi d’émissaire officieux de la France, notamment au Liban, en Afghanistan, ou en ex-Yougoslavie. En 1999, il avait été élu à l’Académie de Marine en remplacement d’Eric Tabarly. En 2003, il avait fondé un groupe des "Ecrivains de Marine", en 2004, il obtenait le "Grand Prix de la Mer" au sein de cette Académie.
La marine tout entière perd un homme d’exception. Quant au monde politique, aujourd’hui, il enterrera un peu de la conscience publique, beaucoup de modestie et de courage. Le sourire de cet homme franc et loyal manquera beaucoup au monde des vivants, c’est pourquoi, je pense que ces quelques vers de Charles Baudelaire vont l’accompagner maintenant qu’il a fait son trou dans l’eau.

« Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. »

Philippe Tesseron

http://pht974.blog-reunion.com/


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus