Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
2 septembre 2005

Denez Prigent a donné un premier concert hier soir au Palaxa. Deux autres dates se succèdent : ce soir au Théâtre Luc Donat du Tampon à 20 heures et samedi au Théâtre de Saint-Gilles à la même heure ; la première partie de ces deux concerts est confiée en toute logique au groupe Renésens.
Chanteur, poète, chantre de l’âme bretonne, Denez Prigent a déjà rempli le stade de France. Il s’affirme aujourd’hui comme un chanteur de chant. Les chants qu’il compose et qu’il interprète nous parlent de thèmes essentiels et universels : la mort, la guerre, l’enfance meurtrie, la pollution de la Terre comme celle de l’esprit. Il les habille de sonorités nouvelles. Dans son album “Me’zalc’h ennon ur fulen aour”, Denez Prigent est l’un des premiers à avoir osé et réussi le pari entre chant et musique électronique.
Depuis, chacun de ses disques (Irvi, Holl a-gevret) confirme cette volonté d’ouverture. Son nouvel album “Sarac’h” continue dans cette voie. Il y invite quelques-unes des plus grandes voix féminines du monde avec Lisa Gerrard, Yanka Rupkina, Mari Boine, Karen Matheson et Louise Ebrel. Il invite également des musiciens d’univers musicaux très différents allant des emblèmes de la cultures celtiques, aux virtuoses du luth et du violon arabe, violon chinois et gembri marocain... Chacun garde sa différence et son identité tout en sublimant le chant, sans concessions ni compromis. Tous vibrent à l’unisson traversés par la même émotion car "nous sommes tous les feuilles d’un seul arbre, qu’un même vent anime."
Créolité et Celtitude
Malgré le drame qu’il a vécu en mai dernier avec le décès de Damien Aupiais, Renésens poursuit sa démarche métissée créoloceltique. Morgan se prépare à suppléer à l’absence de son frère avec une motivation indéfectible.
Renésens ne pouvait pas renoncer à cette première partie de Denez Prigent, une très grande voix de Bretagne. Il apportera au spectacle non seulement son métissage de maloya celtique, mais y ajoutera une part créole typique et traditionnelle, notamment dans un séga piquet très dansant au banjo et au biniou montrant que créolité et celtitude sont bien demi-sœurs à La Réunion. "Met tou Toutou !", mais n’en disons pas plus, c’est une surprise, à découvrir absolument.
Eiffel
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