La politique culturelle à Saint-Benoît

’Des animations qui manquent de communication’

28 septembre 2006

Des animations culturelles qui se font rares et des associations qui s’essoufflent, comme récemment Fanal photographie... Saint-Benoît donne l’image d’une ville peu active en matière de culture. Pourtant, la municipalité s’en défend. Elle dit avoir un vrai projet de développement culturel, fondé sur quatre filières : l’image, les arts de la rue, les arts dramatiques et les arts paysagers.

Le développement culturel est-il encore une des préoccupations de la ville de Saint-Benoît ? Pour le nouveau Directeur aux Affaires culturelles, Gilles Pignon, la politique culturelle est bien là, mais les animations qui ont lieu dans la commune souffrent d’un manque de communication auprès de la population. Pour faire de la ville un pôle culturel, il faut s’appuyer sur ce qui existe déjà à Saint-Benoît et sur le dynamisme des associations. Des projets attendent de voir le jour dans quatre filières, sous réserve de financement.

Faire de Bras-Fusil un pôle culturel

Que ce soit pour la photographie, les arts dramatiques, les arts de la rue ou les arts paysagers, les projets s’articulent de la même manière. "On se pose à chaque fois les mêmes questions : que faut-il en termes d’équipement, de formation, de débouchés professionnels pour chacune de ces filières ?", explique Gilles Pignon. Une maison de la photographie doit être construite à Bras-Fusil, ainsi qu’une annexe pour le théâtre et une maison des associations. Objectif, faire de Bras-Fusil un pôle culturel et travailler en relais avec les associations. L’annexe théâtre viendra compléter le Théâtre des Bambous en apportant un lieu pour la création des costumes, des décors et les ateliers scolaires et associatifs. Pour la photographie, la ville veut développer les formations pour amateurs et professionnels grâce à des master classe et des stages, en espérant apporter des débouchés dans l’édition, la publicité, le multimédia.
Saint-Benoît veut aussi faire de son climat pluvieux un avantage en s’équipant d’une pépinière haut de gramme, avec des plantes rares, qui peut alimenter les projets des architectes pour les créations florales. La commune doit aussi accueillir prochainement l’antenne du CNR. Et si le Conservatoire de musique ne peut accueillir que des élèves de niveau 3, la commune travaille actuellement sur la création d’un Conservatoire municipal qui offrira un enseignement artistique pour les amateurs et les enfants qui n’ont pas toujours les moyens de poursuivre leur apprentissage.
Parallèlement à ces équipements, la municipalité envisage de multiplier les festivals : Festival international de photographie, Festival des arts de la rue. Ce dernier commence d’ailleurs dès cette année avec la première édition de “L’ambians dan somin”. Plus de 100 “maîtres tambours” parcourront les rues de la ville le 28 octobre, accompagnés de char à rythmes et d’artistes suspendus à 30 mettre du sol. Les costumes étant réalisés par les élèves des ateliers couture du lycée Patu de Rosemont. Une façon de faire participer les Bénédictins à l’animation culturelle de leur ville, puisque les percussionnistes des différents quartiers ont aussi été formés par la troupe Transe Express. La municipalité veut ainsi, avec cette manifestation, donné un nouveau souffle au domaine culturel, bien consciente qu’il reste beaucoup à faire pour que Saint-Benoît devienne un lieu d’animation dans l’Est. Théâtre des Bambous à valoriser, cinéma Cristal à sauver... Pour le Directeur des Affaires culturelles, c’est un travail qui ne peut se faire que sur le long terme.

Edith Poulbassia


Philippe Le Constant dénonce les effets d’annonce

Philippe Le Constant, responsable de l’opposition PS à Saint-Benoît, est évidemment très critique vis-à-vis de la politique culturelle de la ville. Pour lui, il faut redynamiser la culture, y mettre les moyens pour éviter que ce qui existe déjà s’étiole, au lieu de diminuer les aides aux associations. "En 5 ans, je n’ai vu aucune innovation. L’équipe en place n’a fait que continuer ce que nous avons mis en place". Et de citer les exemples du Théâtre des Bambous, et du Festival du court-métrage, organisé cette année en septembre, alors qu’il a lieu chaque année en avril. "On veut faire de Saint-Benoît une ville de l’image, mais n’est-ce pas finalement un effet d’annonce ? On assiste à des opérations coup par coup, sans véritable cohérence. Concernant les associations, la situation de Fanal photographie est significative. Beaucoup de maisons de quartier sont en difficulté. Le bilan culturel de Saint-Benoît est maigre", poursuit Philippe Le Constant. Preuve de la pauvreté culturelle de la commune, selon Philippe Le Constant, la médiathèque enregistre une chute de sa fréquentation, et l’établissement fonctionne sans un conservateur de bibliothèque. Concernant le Conservatoire de musique qui doit voir le jour prochainement, Philippe Le Constant estime que le projet a perdu des années à concrétiser ce projet. "Aujourd’hui, le coût financier de l’antenne du CNR est plus important, il a fallu recalculer le budget à cause de ce retard". Une salle de spectacle de 600 places devait aussi voir le jour, mais semble-t-il, la Mairie à renoncé.


Fanal photographie n’accuse pas la Mairie

"Certaines villes bougent plus que d’autres, comme le Port, avec sa médiathèque, ses écoles de Beaux-Arts, c’est vrai, mais on ne peut pas accuser la Mairie de Saint-Benoît d’être à l’origine de notre situation", explique Dominique Enjalbert, Présidente de l’association Fanal photographie. Pour elle, les difficultés financières touchent toutes les associations, culturelles ou non, et sur toute l’île. "Cette année, la ville nous a versé assez rapidement les subventions, mais nous avions déjà des problèmes de trésorerie qui nous ont obligé à licencier 3 personnes", précise la Présidente. L’association reçoit en effet des subventions de la DRAC, du Conseil régional et du Département. La Mairie, quant à elle, a versé 22.500 euros "en une seule fois", ce qui n’est pas courant, souligne Gilles Pignon, Directeur des Affaires culturelles à Saint-Benoît, et la CIREST a attribué une aide complémentaire de 10.000 euros. "Malheureusement, la situation financière de Fanal était telle que les subventions ont servi à éponger les dettes. Mais je ne désespère pas", précise Gilles Pignon. Une rencontre est en effet prévue avec l’association pour déterminer les actions à mener. "Fanal a toujours sa place dans le tissu culturel. Nous devons revenir sur des actions un peu plus basiques que celles entreprises sous la direction de Karl Kugel. La ville veut encourager les expositions visibles, montées dans la rue".

E.P.


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Messages

  • Pour que des programmes d’animations quels qu’ils soient fonctionnent, il faut que les habitants de la ville soit les premiers informés des ces activités et soient convaincus de leurs impacts... pour cela il faut les impliquer tant dans la réalisation que dans la communication, le meilleur vecteur de succès d’animations est l’habitant de la commune qui fait partie du paysage culturel !

    Bravo Gilles pour ce que tu fais pour la ville de Saint-Benoît, je suis persuadée que tu parviendras à installer un esprit de profonde collaboration et d’adhésion à tous ces projets qui font vibrer et raconte de belles histoires et des rythmes attachés à cette ville.

    Suerte !
    Annie Lozano - Villeurbanne (69)


Témoignages - 82e année


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