La Réunion au Festival international du film de Durban

Des échanges riches et denses

7 juillet 2007

Le 28ème Festival international du film de Durban, en Afrique du Sud, vient de s’achever. Pour une première participation, les œuvres réunionnaises ont reçu un accueil chaleureux. Désormais, chaque année, La Réunion y sera représentée. Du 25 au 28 juin, le Conseil régional, le CTR et l’ADCAM ont accompagné les réalisateurs et producteurs réunionnais pour développer des échanges entre notre île et la région du Kwazulu Natal. Des projets de co-productions, des partenariats sur les plans touristique, culturel et économique devraient se concrétiser avant la fin de l’année.

Radjah Véloupoulé, Conseiller régional, Président de la Commission de l’Épanouissement humain, a constaté lors de ce voyage « une volonté réciproque de faire bouger les choses, dans des échanges constructifs ».

Le Festival du film de Durban, c’était l’occasion de faire connaître les œuvres réunionnaises. Pour la première fois, les Sud-africains découvraient le savoir-faire réunionnais. Et peut-être aussi d’autres nationalités comme les Américains, les Norvégiens, les Suisses, les Anglais... Car le Festival de Durban est international. L’Afrique du Sud est devenue un pays incontournable pour l’industrie cinématographique, pour ses lieux de tournage, son matériel, son professionnalisme. Et plus largement, pour son dynamisme économique. Afin d’approfondir les liens de co-développement avec ce pays, la Région Réunion a signé, le 13 juillet 2003, un accord de coopération avec la Province du Kwazulu Natal. La présence de La Réunion au Festival s’inscrit dans cette même logique. Radjah Véloupoulé, Conseiller régional, Président de la Commission de l’Épanouissement humain, a constaté lors de ce voyage « une volonté réciproque de faire bouger les choses, dans des échanges constructifs ».

“Chasseurs de Noirs” en co-production

Pour les producteurs et réalisateurs, la participation au Festival a été fructueuse. Franck Alfirevic, producteur et réalisateur, Nikunja, Dominique Barouch, Jean-Manuel Prudhomme (réalisteurs), Olivier Dejean... tous ont profité de ce voyage pour nouer des contacts. Plusieurs films, dont le documentaire de Dominique Barouch “A l’Ecole des Gramounes” sont en cours d’examen pour une sélection au Festival du Mozambique. La société Hémisphère Production pourrait co-produire un documentaire avec Pedro Pimenta, producteur Mozambicain. Franck Alfirevic, pour son adaptation du roman de Daniel Vaxélaire “Chasseur de Noirs”, travaille à une co-production avec l’Afrique du Sud. « J’envisage de tourner 20 minutes du film sur la côte africaine, en Afrique du Sud ou au Mozambique », explique-t-il.

La Réunion sera chaque année à Durban

Trois films ont été sélectionnés pour le Festival (parmi une dizaine) : “Vendredi ou un autre jour” (long-métrage de Yvan Lemoine), “Créole Paradoxe” (court-métrage de Franck Alfirevic), et “Sommiker” (documentaire de Thierry Hoarau). Le succès rencontré à conduit au maintien de la participation de La Réunion et des îles de l’Océan Indien aux prochaines éditions du Festival de Durban. Une sélection de un ou deux films réunionnais sera faite chaque année. D’ailleurs, le Directeur du Festival, Nashen Moodley, assistera au Festival d’Afrique et des îles en octobre et novembre prochains, afin de renforcer les liens entre les deux manifestations.
Pour les producteurs réunionnais, une réunion de travail a été organisée avec la National Film and Video Foundation (VFVF), équivalent du Centre National Cinématographique Français (CNC). Un traité devrait être signé pour faciliter les co-productions entre la France et l’Afrique du Sud. La Réunion a proposé de profiter de l’UCOI (28 au 31 août 2007) pour avancer sur le projet.

La Réunion sollicitée pour préparer la Coupe du Monde 2010

Au-delà du Festival, la délégation du Conseil régional s’est entretenue avec des responsables ministériels du Kwazulu Natal. Dès cette année, des rencontres sont prévues pour des échanges économiques, culturelles et touristiques. En novembre, la Foire Internationale des Mascareignes, au Port, recevra une délégation de chefs d’entreprise et d’artisans du Kwazulu Natal pour une séance d’informations sur l’économie de la province et les opportunités d’affaires. Pour préparer l’afflux des touristes lors de la Coupe du Monde de 2010, les Sud-africains souhaitent travailler en partenariat avec La Réunion, « s’appuyer sur l’expertise disponible » dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, l’apprentissage du français, le développement durable. Des membres des ministères de l’Education et du Tourisme du Kwazulu Natal seront accueillis. Enfin, Radjah Véloupoulé a émis le souhait de mettre en place une exposition sur l’art traditionnel africain et la culture zouloue pour le 20 décembre.

Edith Poulbassia


Rencontre avec des professionnels

Une centaine de professionnels et de personnalités a participé au cocktail organisé par l’Ambassade de France, la Région Réunion et le CTR à l’Université du Zwazulu Natal au Elisabeth Sneddon Theatre. Moment fort de ce voyage. Quelques rencontres : Shelley Giellink (Directrice des Relations internationales de Durban), Sylvestre Amoussou (acteur et réalisateur du film “Africa Paradis”), Jaouad Rhalib (réalisateur de Lacho Drom Film, société bruxelloise), Balufu Bapuka (réalisateur de Juju factory), Terrence Francis (producteur et réalisateur de Total Eclipse Films), Monika Rorvik (gérante du centre des arts créatifs), Karen Allen Baxter (productrice et Directrice du centre d’études sud-africaines à l’Université du Brown aux Etats-Unis), Rajnesh Domalpalli (réalisateur de Varija Films), Ulf Hulteberg (réalisateur suédois pour la société Original Film), Nikolai Petersen (Directeur du centre culturel germanique à Johannesburg).


Des sitcoms réunionnais à la Télé sud-africaine ?

L’ADCAM, coordonnateur de l’opération, a tenu un stand pour les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel présents à Durban. Les 26 et 27 juin au Bat Centre (centre artistique de la ville), les Réunionnais ont pu présenter leurs projets. De ces rencontres, l’ADCAM a gardé des contacts clé pour le montage de projets. Il mettra à disposition des professionnels locaux une monographie du cinéma et de l’audiovisuel sud-africain.
L’ADCAM a également rencontré les représentants des chaînes locales SABC. Il semble que les programmes réunionnais peuvent convenir à la Télévision sud-africaine : documentaire sur les liens avec l’identité africaine, sitcoms qui reflètent la diversité des origines, courts-métrages et fictions.

EP


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