“Hier encore” : ce soir, des enfants de Bras-Fusil mettent en scène la mémoire de leur quartier

Des marmailles, des objets et des ombres au Théâtre les Bambous

21 octobre 2006

Sept comédiens en herbe présentent ce soir au Théâtre les Bambous de Saint-Benoît, le fruit de leur travail auprès de la population de Bras-Fusil sur la mémoire de leur quartier. Une mise en scène, dont le fil conducteur est la disparition du chien du maître d’école, permettra aux enfants de raconter leur quartier, objets et ombres à l’appui. Gladys Mnémonide et Isabelle Martinez du Théâtre les Alberts ont guidé les enfants.

Ils présentent leur premier spectacle au public ce soir au Théâtre les Bambous... En fait, ce n’est pas vraiment un spectacle, puisque la préparation d’une pièce de théâtre se compte en mois, voire en années, mais une restitution publique du stage baptisé “Hier encore”. “Ils”, ce sont 7 enfants d’une classe de CE2 de l’école de Bras-Fusil. Morgane, Steven, Angélique, Annaëlle, Ryan, Nahéma et Samantha ont mis à profit leurs vacances pour réaliser un travail sur la mémoire de leur quartier bénédictin, Bras-Fusil. Pour les accompagner et les aider à structurer l’histoire, 2 comédiennes, Gladys Mnémonide et Isabelle Martinez du Théâtre les Alberts du Guillaume Saint-Paul, qui ont l’habitude de travailler avec des enfants.
Grâce à des objets et des ombres, les enfants ont mis en scène leur perception de la vie du quartier, la vision qu’ils peuvent avoir du passé de leur lieu de vie, mais aussi ce qu’il est amené à devenir.

Dans la représentation qui dure environ une demi-heure, le fil conducteur est un chien. Celui de l’enseignant de la classe de CE2, Fabrice Morassutti. Le chien du maître de la classe s’est perdu dans le quartier de Bras-Fusil et c’est en recherchant l’animal que les enfants évoquent les lieux qu’ils connaissent : l’école, la boutique Patrick, le collège en construction... chaque élément étant représenté par un objet familier que le enfants ont ramené de chez eux. La boutique est représentée par une pomme, l’école par des crayons de couleur, le chien par un jouet en plastique, le premier habitant de Bras-Fusil par une poupée... Les enfants surprendront le chien « en train de volet un macatia dans la boutique Patrick, puis dans le sentier de l’école ». Le Bras-Fusil d’antan sera représenté par des ombres. Un Bras-Fusil tel que l’imaginent les enfants, avec, à l’origine, des cascades et de grands arbres.

Neuf jours à recueillir les récits des habitants

Pour donner vie à cet imaginaire, les enfants ont parcouru au préalable leur quartier à la recherche de récits, et ils ont pris des photos, seul moyen pour que les marmailles puissent parler de cette mémoire qui ne leur appartient pas vraiment. Cette restitution publique du stage “Hier encore” s’intègre dans un projet plus vaste, commencé au mois de mai avec des adultes. « Bras-Fusil a été choisi en tant que quartier pilote par l’ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine) pour travailler sur le thème commun de la mémoire. Après un premier module mémorable en compagnie de Cinétique et des habitants de Bras-Fusil, c’est cette fois avec les marmailles que la mémoire de ce même quartier est interrogé, et les gramoums participeront aussi le mois prochain », explique Nadège Madrolle, chargée des relations avec le public au Théâtre les Bambous.

Pour intéresser les enfants à ce travail sur la mémoire de leur quartier, le Théâtre les Bambous a pris contact avec Fabrice Morassutti, enseignant à l’école primaire de Bras-Fusil. Il a été difficile de rallier toute la classe de CE2 au projet, d’abord parce que les comédiens ne peuvent travailler qu’avec des groupes de 15 enfants au maximum, ensuite parce que le stage est facultatif et se déroule pendant les vacances scolaires. Au départ, les comédiens en herbe étaient un peu plus nombreux, mais des petits camarades ont abandonné le projet en cour de route. Quoi qu’il en soit, Fabrice Morassutti compte bien partager avec toute la classe de CE2, et les enseignants intéressés, le travail des 7 élèves. « J’envisage de faire le relais entre le groupe de la classe qui a participé à la représentation et celui qui était absent du projet. Ce qui est positif pour ces enfants, c’est de rencontrer une troupe, visiter le théâtre, s’ouvrir à une culture à laquelle ils n’ont pas accès à l’école », souligne l’enseignant présent aux côtés des marmailles pour les motiver. À l’exception de Morgane, Steven et Annaëlle qui ne sont pas à leur premier stage de théâtre, les autres ont découvert ce moyen d’expression qu’ils apprécient parce qu’ils peuvent « inventer », et aussi parce que « c’est gratuit » !

La restitution publique de “Hier encore” samedi sera suivie d’une pièce de théâtre “Et ron et ron petits petons” inspirée du conte de Grimm “Le cordonnier et les lutins” et interprétée par la compagnie Hiélos. Dans ce spectacle à destination des enfants à partir de la crèche, 2 personnages pimpants, parents des clowns et des farfadets s’étonnent, rient, s’endorment, jouent et chantonnent leurs histoires. Les adultes qui ont gardé leur âme d’enfant ne seront pas déçus de la soirée.

Réservation au 0262-50-38-63


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Témoignages - 82e année


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