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Seconde campagne de fouille archéologique sur l’île de Tromelin -1-
12 décembre 2008

La deuxième mission archéologique sur l’île de Tromelin vient de s’achever. L’opération entièrement terrestre s’est déroulée du 27 octobre au 1er décembre. Son ambition était d’approfondir les connaissances sur les conditions de vie matérielles des esclaves, mais aussi sur leur degré d’organisation sociale. La localisation de tombes constituait un autre objectif de recherche. Les résultats de cette mission ont dépassé toutes les espérances.
L’île de Tromelin est située à 470 kilomètres à l’Est de Madagascar et à 560 kilomètres au Nord de La Réunion. Cet îlot corallien d’un kilomètre carré dépourvu d’eau et de ressources naturelles est placé sous l’autorité du préfet des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF). Il abrite depuis 1954 une station météorologique.
Une histoire singulière
Partie de Bayonne le 17 novembre 1760, "l’Utile", une flûte de la Compagnie Française des Indes Orientales, s’échoue le 31 juillet 1761 sur l’île de Sable (aujourd’hui île de Tromelin), un îlot entièrement désert. Elle transporte des esclaves malgaches achetés en fraude, destinés à être vendus à l’île de France (l’île Maurice actuelle).
L’équipage regagne Madagascar sur une embarcation de fortune, abandonnant soixante esclaves sur l’île avec trois mois de vivres en promettant de revenir les chercher.
Cette promesse ne fut jamais tenue et ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que l’enseigne de vaisseau de Tromelin, commandant la corvette La Dauphine, sauva les esclaves survivants : sept femmes et un bébé de huit mois.
Un site à protéger
La petite société qui s’est constituée là, face à l’adversité, passé le stress initial, est de toute évidence restée debout et organisée, apportant un démenti cinglant à ceux qui, en les traitant en esclaves, leur avaient nié toute humanité.
L’ensemble mis au jour constitue par sa qualité et par l’espace organisé qu’il occupe un site archéologique original, mais aussi un lieu de mémoire remarquable qu’il importe de protéger.
La mission et ses partenaires
Placée sous l’autorité du préfet des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Française), la mission a reçu le parrainage de l’UNESCO et du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage. De nombreux organismes, institutions et associations ont apporté leurs soutiens, parmi elle, la Région Réunion, le ministère de la Défense et Météo France, par exemple.
Pour toutes les informations supplémentaires, le GRAN a son site Internet (www.archeonavale.org/tromelin).
En outre, des scolaires de La Réunion et de l’Académie d’Orléans ont participé à l’opération et ont dialogué avec les chercheurs.
(à suivre)
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