Les plantes et les arbres...

... ’des témoins de l’histoire de La Réunion’

9 octobre 2006

Ces mots spontanés de Raymond Lucas, des Amis des Plantes et de la Nature, en disent long sur son amour pour les plantes de l’île. Il l’a partagé hier avec les visiteurs venus à la 4ème édition de la Journée des associations au Conservatoire botanique de Mascarin aux Colimaçons à Saint-Leu. Elles - les associations - ont en commun le partage des connaissances sur la faune et la flore de La Réunion.

Avec des balades gratuites dans les allées du vaste jardin du conservatoire, le guide Éric emmenait petits et grands à la découverte du Palmiste blanc, du Bois amer, du Bois de demoiselle et du Bois de sinte qui a donné le nom du quartier de Terre Sainte à Saint-Pierre. Toutes ces plantes sont, selon Raymond Lucas, "des témoins de notre histoire et de notre culture". Des premiers habitants de cette terre de peuplement et jusqu’à maintenant, les hommes et les femmes s’en sont servi et s’en servent encore pour la préparation de tisanes et pour leur défense. Les esclaves marrons en liberté dans les montagnes, en entendant les chiens des chasseurs de nègres, disposaient ci et là sur le sol des feuilles de “mafatambois”. Un terme malgache qui signifie poison mortel.

Des nouvelles des plantes

Ce moment est l’occasion de prendre des nouvelles des plantes. Jean-Pierre et Sylvain - des amis - ne se sont pas vus depuis quelque temps. Le premier invite le second à venir cueillir chez lui des mangoustans et aussi des sapotes. Ce fruit rare est de forme ovale avec une peau verte, sa pulpe est d’un brun chocolat foncé, un peu granuleux avec une odeur très particulière.
Le jardin créole, il n’y a pas si longtemps de cela, abondait en Camélia, Veuve joyeuse, Zinnia. Et parmi cette composition de fleurs, on trouvait des fruits, des vavangues, prunes malgaches, girimbèles et pommes lataniers. Ces plantes, comme les arbres et les oiseaux, contribuent à la biodiversité mondiale, mais restent fragiles.

Un jardin fragile

À La Réunion, la flore indigène est composée de 500 plantes dont 33% endémiques et 60% endémiques des Mascareignes et 249 fougères dont 9% endémiques. La faune indigène comporte 437 lépidoptères, 470 coléoptères, 33 oiseaux terrestres dont 21 qui ont disparu, 5 chauve-souris dont 3 qui ont disparu, 9 reptiles dont 6 qui ont disparu et 41 mollusques dont la moitié a disparu. La préservation des espèces encore vivantes passe par le changement de certaines de nos habitudes vis-à-vis de la nature de l’île. Il y va de l’avenir de la planète.

J.-F. N.


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