Donner au mot tout son sens

11 avril 2009

Pâques nous ramène brusquement à la vie, et du même mouvement, nous fait sortir de nous-mêmes - vers les autres, vers tous les autres. Il est insupportable d’imaginer qu’en ce début du 21ème siècle, 2000 ans après la mort de Jésus, près de 3 milliards d’habitants vivent, ou plus exactement survivent avec moins de 2 euros par jour, que des millions d’hommes, de femmes et d’enfants meurent de faim, soient privés de tout ce qui fait l’essentiel même de la vie. Comme si le cri du Fils de l’Homme : « J’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger... » n’était pas parvenu jusqu’à nous. Tous ceux qui ont pris le pouvoir, et dont certains osent se réclamer de son message, n’ont en tête qu’une obsession : profiter, au maximum, seuls ou avec quelques-uns, des avantages qu’il lui procure. Ainsi le mot « pâques » qui veut dire « passage » - passage de l’esclavage à la libération - est-il détourné de tout son sens.

Georges Benne 


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