Du 8 au 17 février aux Bambous...

Eclats de vie

10 février 2007

“Eclats de vie” est un mini festival qui met en scène des œuvres de Sébastien Joannièz, auteur de roman pour enfants et de pièces de théâtre. Sur scène, des témoignages de vies éclatées, sous forme de monologue ou de duo. Des sujets graves, comme la solitude, la marginalité, la vieillesse, mais le rire n’est pas exclu.

C’est encore une année pleine de découvertes qui s’annonce pour le Théâtre des Bambous, avec, pour commencer, un mini festival autour des créations de Sébastien Joannièz. Ce jeune auteur a déjà créé une dizaine de pièces de théâtre inédites et a publié 5 romans pour enfants et adolescents. Du 8 au 17 février, 5 pièces seront jouées : “Des lambeaux noirs dans l’eau du bain”, “La nuit l’ordure”, “Poch”, “Pour l’instant” et “En bas c’est moi”. Deux extraits de romans, également, seront lus sur scène : “Marabout d’ficelle” et “Treizième avenir”. Le point commun entre ces créations ? Faire apparaître sur scène des personnages qui vont exprimer leurs conditions de vie, sous forme de monologue ou de duo. La femme, le vieillard, le clochard, l’enfant qui racontent leurs vies dans la société actuelle. D’où le titre donné à ce mini festival, “Eclats de vie”. « Les personnages témoignent de vies différentes, mais des vies éclatées, dans la violence de notre monde », explique Pascal Papini, responsable pédagogique du Conservatoire d’art dramatique d’Avignon et metteur en scène à la compagnie des Trois Pilats, à l’origine du projet artistique. « L’écriture de Sébastien Jonnièz est une écriture jeune, urgente qui parle de la catastrophe du monde, avec une lucidité qui lui vient de sa capacité à se glisser dans la peau des personnages », poursuit Pascal Papini.

Des figures d’anges déchus : l’enfant, l’adolescent, la femme, le vieillard, le sans-abri

Mais loin d’exprimer simplement la souffrance de ces anges déchus que sont les personnages, les monologues sont aussi « étonnants par leur drôlerie ». « Ce sont des personnages simples, modestes en apparence, mais hauts en couleur. Nous sommes à la limite du grotesque, là où la drôlerie frôle la catastrophe ».
Pour donner vie à l’univers de Sébastien Joannièz, sur scène, les personnages seront interprétés par des comédiens de La Réunion et de Métropole. Didier Ibao pour “Marabout d’ficelle”, Emmanuel Baillet pour “La nuit l’ordure”, Aurélie Pitrat et Sylvie Espérance pour “Les lambeaux noirs dans l’eau du bain”, David Erudel pour “En bas c’est moi”, Kristof Langromme pour “Poch”, et “Pour l’instant”, accompagné de Cécile Hoarau. Sébastien Joannièz intervient pour la lecture de “Treizième avenir”. Les monologues et les duos profitent d’une mise en scène dépouillée, voulue par la compagnie des Trois Pilats, l’objectif étant de créer des spectacles indépendants qui peuvent se jouer, pour beaucoup, au-delà des murs d’un Théâtre. Une école, une salle communale, un bistrot, un appartement... un Théâtre de proximité. C’est aussi une volonté de Pascal Papini « d’offrir les histoires en laissant l’imaginaire ouvert ».
“Marabout d’ficelle” fait intervenir Léo, un jeune garçon, fils unique dont le père est au chômage. Léo vit dans une cité et rêve d’avoir une ribambelle de frères et sœurs, comme sa petite voisine d’origine africaine, Nora. Jusqu’au jour où sa maman lui annonce l’arrivée d’un petit frère.
“Treizième avenir” nous plonge dans la vie d’un adolescent de banlieue, « ses moments d’ennui sous le réverbère », ses copains, sa famille, un monde médiocre qu’il aurait délaissé s’il n’y avait pas les « seins de sa copine Justine ».
“Pour l’instant” est une comédie de mœurs, qui aborde la solitude.
“En bas c’est moi” fait parler un « crétin » (du moins, c’est comme cela que la société le perçoit) qui travaille aux abattoirs et qui vit encore avec sa mère. Un monologue sur la marginalité et la maladie.
“La nuit l’ordure” rapporte les paroles d’un vieux dans un hospice médicalisé. Malgré la régression physique, il a encore la tête sur les épaules et raconte « sa vie devenue un enfer ».
“Poch” fait apparaître un sans-abri décédé, mais qui revient sur terre pour porter un regard lucide et gai sur sa vie passée, avec distance et légèreté.
Enfin, “Les lambeaux noirs dans l’eau du bain” (à l’affiche) donne la parole à 2 femmes, dont l’une est peut-être le double de l’autre. Pas facile d’être une femme dans cette société. On le découvre en glissant dans l’intimité de cette femme.

Edith Poulbassia


Au Théâtre Des Bambous

La saison s’ouvre avec “Eclats de vie” aux Bambous. Une belle entrée en matière qui laisse présager un programme original. On aime ou on n’aime pas, l’objectif pour le Théâtre de Saint-Benoît est de proposer des artistes avec une vraie sensibilité. « Nous n’avons pas de thématique définie, nous fonctionnons par famille artistique, grâce aux rencontres. Nous recherchons des artistes qui sont dans la démarche de dire les choses, en phase avec la société, que ce soit avec le théâtre, la musique, la danse. Ces artistes sont le contrepoids d’une société qui défile à grande vitesse. Ils font entendre la voix des sans voix », estime Frédéric Robin. Pour lui, les Bambous est loin de programmer des spectacles élitistes et compliqués.
Cette année encore, les Bambous ne déroge pas à la tradition de donner à des artistes en herbe l’occasion de se confronter au public. On retrouvera les “Slameurs”, scène ouverte aux paroles, les “Pousses de Bambous”, réservé aux élèves acteurs et la “Clameurs des Bambous”, scène ouverte aux auteurs, compositeurs, interprètes, en mars, en juin et en octobre. « Il ne s’agit pas pour nous de faire de la diffusion pure et dure, mais de donner du temps aux artistes, de permettre au théâtre amateur d’être confronté à des professionnels et de partager l’expérience de la scène », souligne Frédéric Robin. C’est aussi l’objectif des ateliers avec les enfants et les adultes, qui donnent lieu à des restitutions publiques et qui permettent aux compagnies qui viennent jouer aux Bambous de rencontrer la population.
Après “Eclats de vie”, rendez-vous en mars pour “Changer les essuie-glaces” de la compagnie M Comme, le mini concert de Gilbert Barcaville, “Os” de la compagnie Pascal Montrouge. En avril, le jazz de Koffi Kwahulé, “Gèt ali” de Cécile Hoarau et “Fé pa lo tour la tab : la pa bon...” de Jean Bernard Ifanohiza. En mai, “L’élégance et la beauté” de Jackie Star, “Ha Ha Ha” de Okidok2, “Oh suivant” de D’Irque et Fien. En juin, Festhéa, la sélection régionale pour le Festival national de théâtre amateur, “Conquête” de Stanley Mambo et Michaël Fontaine. En septembre et octobre, “Le cadavre du blanc” de Bruno Testa, “La chose” et “Comment mémé est montée au ciel” de la compagnie Caus’Toujours. Egalement, “4 à 5” de Phare Ponleu Selpak Cirk et 39 de Baba Sifon. L’année se termine avec “Alex Legrand” de la compagnie Bladaquin, “Vol Somin Kann” d’Acte 3, et “Un visa pour l’amour” de Matine fait du théâtre.


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Témoignages - 82e année


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