Elabakabar, ou l’hymne à nos sources malgaches

26 juin 2007

Des perles malgaches, archéologiques, aux kozman guérisseurs des fonnkézèr, le glissement est perpétuel. Comme parlent les perles, parlent les poètes de l’Océan Indien. Sous l’impulsion de LERKA, une exposition hors norme a fait l’actualité malgache pendant plusieurs mois sur la Grande Île. Dans le cadre des festivités de la fête nationale malgache, le théâtre du Grand Marché vous invite à Elabakabar, pour un voyage entre musique, images, et fonnkèr.

L’équipe organisatrice d’Elabakana en décembre 2005 à Tana avec Richard Razafindrakoto au centre.

Après son succès à Tananarive, l’exposition Elabakana se donne à voir sous une toute autre forme, ce soir. Après la disparition de l’inventeur de ce concept, il était dit que Lerka allait rendre le plus grand hommage à cet artiste poète et plasticien, qui a su soutenir les démarches créatrices, malgré la maladie, même sans le sou. Richard Razafindrakoto n’est plus. Ce n’est pas totalement vrai. Son travail reste gravé dans nos mémoires, dans nos cahiers. Fête nationale malgache ? C’est par la même se souvenir de notre passé, de nos liens avec l’île Rouge. C’est aussi connaître la culture, au-delà de l’histoire et de la géographie. C’est connaître un artiste, ou le reconnaître, à travers toiles. Le reconnaissez-vous ?

A la découverte d’un Kabary

Pour l’occasion, Lerka réunit Babou B’Jalah et Jako Maron, connus pour leur opus sous le nom de Force Indigène. “Zamalgame” n’est peut-être pas loin. Dommage que Francky Lauret n’est plus de la bande. Dommage oui. En tout cas, les festivités s’ouvrent sur un texte bien connu à La Réunion, et même au-delà. Babou B’Jalah, avec “Fanantenana”, exprimera la ferme volonté de sortir un peuple d’une misère sans explication. Madagascar est une île riche. Il suffit d’aller à la rencontre des artistes par exemple, pour se rendre compte de toute la richesse culturelle malgache, et de la chance que nous avons, nous réunionnais, d’être “aussi” originaire de cette terre. Non, nous ne parlons pas argent. Le vrai se découvre au coin d’une rue, ou sur une des collines sacrées de la capitale, autrefois terre des rois et reines. Musique hip hop, trip hop, couturés avec des sonorités originelles, traditionnelles. Jako Maron est de la partie, avec d’ailleurs une musique revue, et profondément “tribale”. Les images sont de Babou B’Jalah, qui se découvrent réalisateur malgré lui. C’est une restitution de son regard de poète à travers un voyage fabuleux à la rencontre des mpikabary, éminent orateur malgache. Le kabar de ce soir s’entend, se découvre, se regarde, sur fond de kabary malgache. Peut-être entendra-t-on la voix de ce célèbre plasticien malgache, disparu un soir d’octobre 2006, en pleine gloire, en plein expo, le sourire aux lèvres. Nicolas Gérodou, Patrice Treuthardt, Dominique Carrère entre autres, nous feront voyager dans un monde poétique. Kabary est poésie. Venez tous ce soir, au théâtre du Grand Marché à Saint-Denis, d’autres surprises doivent vous ... surprendre.

Patrick Julie


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Témoignages - 82e année


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