Cérémonies du retour des restes d’Auguste Lacaussade

Émotion et ferveur pour le retour d’un grand Réunionnais au pays

20 février 2006

Les fortes pluies de ce week-end n’auront pas joué en faveur des cérémonies organisées pour célébrer le retour des restes d’Auguste Lacaussade. Le programme en a été tout chamboulé. Samedi, on ne put l’inhumer comme prévu, mais cela se fera prochainement au cimetière de Hell-Bourg, à Salazie. Avec ferveur et émotion comme les hommages de ces derniers jours.

Vendredi dernier, toute la journée durant, malgré la pluie, on célébrait une grande plume réunionnaise de la liberté, Auguste Lacaussade, le poète engagé, dont les restes sont de retour au pays avec ceux de sa première épouse et de leur fille. Poètes, musiciens, artistes ont rendu un vibrant hommage au poète réunionnais disparu en 1897.
D’abord le matin, à la Villa du Département à Saint-Denis, Carole Grosset, initiatrice du projet avec ses collègues étudiants, animait une conférence-débat sur la vie et l’œuvre du poète. Son propos fut suivi de la présentation d’un coffret de deux volumes sur l’artiste engagé (en cours de parution).

Un hommage en poésie

Vendredi après-midi, bravant les intempéries, ils étaient plusieurs à suivre le cortège officiel menant les restes de Lacaussade d’abord sur le Barachois, puis sur le boulevard Lacaussade, où l’on mettait un point d’honneur à la lecture de ses textes.
Notons que les élèves ont grandement participé à ces manifestations, notamment les enfants des établissements scolaires de Saint-Denis vendredi, et de Saint-André samedi.
Vendredi soir, une animation poétique avec les membres de l’Union pour la défense de l’identité réunionnaise (UDIR) lui était entièrement dédiée à la Villa du Département. Hommage aussi en chansons avec la chorale des sages-femmes d’Aurore Delgard, Nicole Dambreville, Danièle Moussa, Robert Gauvin, Gilbert Aubry, Marie-Armande et Henri-Claude Moutou, Annie Darencourt et tous les autres dévoués à la cause du poète.

Le retour au pays, un souhait répété

Mme James de Lacaussade, arrière-cousine du poète, n’a pas manqué de saluer l’accueil des artistes réunionnais. "Je tiens à remercier Auguste Lacaussade pour ce qu’il a fait pour nous. En le lisant, ses mots ont fait que je me suis intéressé à la poésie", déclara quant à elle Carole Grosset, qui continue : "Auguste Lacaussade a dû être content de ces moments-là".
La manifestation a débuté par une projection réalisée par les étudiants en histoire, dressant la biographie de l’illustre personnage. C’est Prosper Ève qui s’est chargé des explications. Le professeur réunionnais s’est notamment exprimé sur la pertinence du retour des restes de Lacaussade. De 1839, lors de la parution de "Les Salaziennes", jusqu’à 1897, date de sa mort, l’auteur n’a jamais manqué de signifier son souhait de revenir sur sa terre natale et d’y être inhumé. Prosper Ève note que l’on retrouve, outre dans "Les Salaziennes" (1839), les volontés de Lacaussade dans "Poèmes et paysages" (1852), "Les Épaves" (1861) et dans sa réédition de "Les Salaziennes" (1897).
Et Gilbert Aubry d’exalter cette union des Réunionnais, "réunis par la personne de Lacaussade, par son histoire hors du commun, par son engagement pour l’abolition de l’esclavage, par son ascendant intellectuel et par son humanisme universel".

Inhumation reportée à une date ultérieure

Samedi matin, les élèves de Champ-Borne ont accueilli poétiquement l’enfant du pays. Une centaine d’élèves de l’école qui porte son nom, ainsi que des enseignants et des élus, ont rendu hommage à l’artiste, un des pères de l’abolition de l’esclavage.
Poésies donc à la mairie-annexe de Champ-Borne, une fois n’est pas coutume. Auguste Lacaussade y a passé toute son enfance, et c’est peut-être de ce lieu qu’il composa son premier recueil de poésie "Les Salaziennes". Champ-Borne faisant face au cirque et à ses massifs.
Malheureusement, les masses d’eau ont empêché son inhumation à Hell-Bourg samedi comme prévu, la route étant fermée pour cause de chutes de pierre et cascades dangereuses. "Ne t’inquiète pas Auguste, Salazie te verra plus verte. Plus tendre sera sa terre. Elle t’ouvrira ses bras, à ta femme Laure, à ta fille Sarah, et toi Auguste, enfant du pays", je te le dis.

Bbj


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Témoignages - 82e année


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