“Sentiers Bourbon”

En mémoire de Jean-Jacques Coiscaud

20 mars 2007

“Sentiers Bourbon” est un film de l’association “Film Audio Image et Reportage” pour balades et randonnées amicales et familiales. Une première à La Réunion, selon ses producteurs.

Rencontrer La Réunion en la sillonnant à travers ces sentiers. Cette idée n’est pas tombée du ciel. Elle a très certainement une histoire...

- L’idée de réaliser un reportage sur les sentiers de La Réunion n’est pas récente. En fait, il s’agissait d’un projet tenant à coeur à feu le Président de l’association, Jean-Jacques Coiscaud, qui nous a malheureusement quittés en 2005. Mais à l’époque, l’association n’était pas équipée en conséquence (matériel vidéo et logiciels), et l’équipe actuelle n’était pas encore formée.
Enfin, l’association s’est développée, par le biais de formations et d’initiations vidéo à travers l’île. Nous avons pu nous équiper, grâce également à une aide de la Région et du Département, qui nous ont permis de nous lancer dans ce projet.
Outre le côté technique, nous avons remarqué que la plupart des Réunionnais de tous âges n’avaient jamais eu l’occasion de visiter leur île, et que si les éruptions du Piton de la Fournaise étaient largement suivies par les professionnels du milieu, il y avait un manque cruel d’images sur l’intérieur de l’île, pourtant au centre de tous les discours culturels et de valorisation touristique. Par exemple, des amis venant de métropole veulent emporter des images de l’île, en cherchent dans les boutiques, les librairies et même les médiathèques, sans rien trouver.
En dernier lieu, c’était la première fois que l’association se lançait dans un projet de cette envergure. Nous n’avions aucune idée des difficultés que nous allions rencontrer, mis à part, bien sûr, le fait de transporter le matériel sur les sentiers, en plus de l’équipement de randonnée classique (négociations avec les partenaires, administration, autorisations de tournage...). Bref, il s’agissait aussi, pour nous, d’un véritable défi. Il y a eu des hauts et des bas, mais nous avons réussi à tout boucler.

Des images prises “au ras du sol”

Votre caméra nous emmène au cœur des sentiers. Qu’avez-vous trouvé lors des tournages ?

- L’intérêt de ces images vient du fait qu’elles sont prises “au ras du sol”. C’est-à-dire que nous sortons résolument des prises de vues aériennes pour montrer ce qu’un randonneur apercevra en se rendant sur le terrain. Il n’y a donc pas de “triche”. De plus, les randonnées traversent tous les types de paysages (volcan, forêts, littoral...) et démontre à quel point La Réunion offre de la diversité en quelques marches, non seulement en reliefs, mais aussi en types de végétation. Nous pouvons réaliser vraiment à quel point les micro-climats sont nombreux, et comprendre pourquoi La Réunion est considérée comme un “hot spot” au niveau mondial, pour ce qui est de l’endémisme végétal et animal.
Il est à noter que ces images n’ont pas été prises dans un intérêt purement sportif. Nous présentons des randonnées de tous types, de la promenade familiale aux parcours les plus difficiles. De plus, nous avons volontairement placé les commentaires au début de chaque randonnée, préférant laisser la place aux images et à la musique plutôt qu’à l’usage de la voix-off, ce qui en fait aussi un film d’ambiance.

Des documents imprimables

Il y a un film, mais que pouvons-nous trouver d’autre dans “Sentiers Bourbon” ?

- Les images des sentiers ne nous suffisaient pas. Nous avons voulu apporter un complément pédagogique à ce document, d’où l’existence d’un second DVD dans le même boîtier. Nous y avons inclu des films sur nos partenaires, principalement le Conservatoire Botanique des Mascareignes et l’Insectarium de La Réunion. Outre les nombreux documents que nous ont gracieusement fournis ces structures, nous pouvions enrichir notre projet, en plus de nos apports propres, d’une importante banque de données d’archives et de photographies, validée par des professionnels.
Afin de suivre notre logique de partenariat au sens noble, de partage et d’accessibilité, tous ces documents sont imprimables et disponibles pour que chacun puisse les utiliser comme il l’entend (cartes postales, posters...). Ce dans un cadre privé, bien entendu. C’est également dans cette optique que nous avons contacté les responsables de l’IGN afin de négocier l’accessibilité aux cartes des sentiers. On trouvera également, dans ce second DVD, un film sur la formation d’une forêt bois de couleurs, ainsi que des images de sentiers botaniques.

« Nous étions plus proches de l’île Bourbon
que de l’île de La Réunion »

Pourquoi Bourbon et pas La Réunion ?

- Tout simplement parce que nous avons pris le parti de nous intéresser aux reliefs, à la faune et à la flore. Mises à part quelques images, l’Homme est absent du DVD. Nous avons tenté de nous rapprocher le plus possible de ce que découvraient les premiers habitants de l’île. Nous ne voulions aborder ni l’aspect économique ni l’aspect humain de l’île, sinon dans un cadre historique traduit par les documents fournis (esclavage, place de la Femme dans les siècles passés, cartes anciennes...). De fait et de coeur, nous étions donc plus proches de l’île Bourbon que de l’île de La Réunion. Peut-être la nostalgie d’un Paradis perdu, d’un point de vue purement environnemental bien sûr (paysages vierges, richesse inégalée de la flore et de la faune).

Pouvez-vous nous présenter l’équipe qui a travaillé sur ce support ?

- Le noyau de l’équipe se compose de deux personnes : Jérôme Collet, formateur à la FEDAR et secrétaire de l’association, ainsi que David Boileau, artiste indépendant et membre actif de l’association. Autour de ce noyau gravite un réseau de bénévoles (Farah Assibhaï, Barbara Allain, Audrey Renault, Laurent Crolle, l’association CDDV par l’intermédiaire de Messieurs Bertile et Perrin, Magalie Consciance, Gilbert Consciance et Florence Bironda).

J.-F. N.


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