Art contemporain

En rouge et blanc !

9 septembre 2008

Vous êtes sûrement surpris de voir des œuvres en rouge et blanc fleurir un peu partout sur le chef-lieu. La Ligne Rouge est maintenant gravée sur les murs dionysiens. Impossible de les louper ! Louis Pavageau, le peintre qui peint sans peinture, présente ses travaux ce soir à la médiathèque de Saint-Denis.

L’artiste fait jouer l’ambiguïté entre le rouge et le blanc
(photo Bbj)

En résidence d’artiste à LERKA, Louis Pavageau a mené une série d’expérimentations avec des matériaux de l’on croise même sans s’en rendre compte. Encombrants, friches, habitations en ruine, panneaux d’affichages oubliés, mobiliers urbains abandonnés, tout est art, ou tout peut le devenir. Quand l’artiste observateur s’attarde sur la cité, il ne peut ignorer ces éléments qui balisent les quartiers de Saint-Denis. « En observateur attentif des convulsions et mouvements qui traversent ces territoires, Louis Pavageau relève d’abord et révèle ensuite les possibles lieux de frottements et points de fracture qui travaillent l’espace de la cité. Nous acceptons, depuis longtemps de confier, de gré ou de force, à certaines couleurs une multitude de sens et de pouvoir. Le peintre, fin connaisseur de la symbolique des couleurs, n’utilise que le blanc et le rouge » écrit Antoine Merveilleux du Vignaux, coordinateur artistique à LERKA. Attention, précise Louis Pavageau, « je fais de la peinture sans peinture, j’utilise des scotchs, des colles, des rubans de signalisation, mais jamais de la peinture ». C’est une recherche picturale fort intéressante, qui interpelle même le néophyte.

Symbolique des couleurs ?

Pourquoi utiliser seulement le rouge et le blanc ? L’artiste fait jouer l’ambiguïté entre rouge, synonyme d’interdiction, mais également de passion, de révolution, qui tranche donc avec la pureté, l’innocence et la paix qui inspirent le blanc. Comment les Réunionnais perçoivent-ils ce travail ? Il faut dire que l’atelier de Louis Pavageau, c’est la rue. Ils ne peuvent donc ignorer ces œuvres. « Quand j’ai vu ses bandes de signalisation, j’ai d’abord pensé à des travaux, puis je me suis rendu compte que cela représentait une sorte de motif que l’on retrouvait à travers la ville. C’est là que j’ai compris que c’était sûrement un artiste qui s’exprimait directement dans la rue » déclarait une dionysienne. La voilà éclairée. Ce soir, l’artiste vous accueille à l’espace de communication François Mitterrand pour vous éclairer à votre tour. De 18 heures à 20 heures, il vous attend pour son vernissage. La soirée sera ponctuée par les créations sonores de Jako Maron, et les déclamations de fonnkézèr. Moment à ne pas manquer.

Bbj


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Témoignages - 82e année


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